C'était il y a un an :
commémoration du tsunami en Asie
Les pays riverains de l'océan Indien ont rendu
hommage, avec des personnes venues du monde entier, aux
quelque 231.000 victimes du tsunami du 26 décembre
2004, l'une des catastrophes naturelles les plus dévastatrices
de l'histoire moderne.
Il y a un an jour pour jour, une vaste opération
de solidarité était lancée dans le
monde pour venir aux secours des rescapés. Mais
beaucoup sont encore traumatisés et la douleur
reste vive pour les proches des victimes ce cette vague
géante qui atteignait parfois dix mètres
de haut.
Survivants, amis et parents de disparus se sont joints
aux dirigeants des pays les plus touchés (Indonésie,
Thaïlande et Sri Lanka) pour marquer la tragédie
par des prières, des minutes de silence et des
pélerinages sur les sépultures des morts.
Près des trois quarts se sont regroupés
dans la province d'Aceh, à l'extrême nord
de Sumatra. Le président indonésien Susilo
Bambang Yudhoyono y a déclenché une sirène
à 08h16 avant d'observer une minute de silence
dans un faubourg de la ville côtière de Banda
Aceh rasé par la muraille d'eau.
"Il y a un an, c'est sous un même ciel bleu
que mère Nature s'était déchaînée
avec la plus extrême violence contre nous",
a déclaré Yudhoyono.
Le tsunami, provoqué par un séisme sous-marin
d'une magnitude de 9,5 survenu au large de Sumatra, a
fait près de 170.000 morts ou disparus ainsi qu'un
demi-million de sans-abri dans la province d'Aceh, la
zone la plus touchée de la région.
Treize pays ont été frappés, dont
l'Indonésie, la Thaïlande, le Sri Lanka et,
dans une moindre mesure, l'Inde. Le phénomène
a eu des effets jusqu'en Afrique orientale.
Le tsunami a fait, au total, 1,8 million de sans-abri.
Aujourd'hui, quatre personnes déplacées
sur cinq vivent encore sous des tentes, dans des abris
provisoires ou entassés chez des proches ou des
amis en divers points de la région.
SYSTEME D'ALERTE
L'Indonésie a procédé lundi pour
la première fois à un exercice de test du
système d'alerte au tsunami mis sur pied pour limiter
le nombre de victimes à l'avenir. Selon des experts,
beaucoup de vies auraient pu être sauvées
si la région avait disposé l'an dernier
d'un système d'alerte comparable à celui
qui est en place dans le Pacifique.
Le président indonésien a souligné
que l'heure était venue de se tourner vers l'avenir.
Il a remercié la communauté internationale
de son assistance, non sans ajouter qu'il restait beaucoup
à faire.
En Thaïlande, le Premier ministre Takhsin Shinawatra
a posé la première pierre d'un mémorial
à Khao Lak, station balnéaire du sud du
pays où ont péri de nombreux étrangers.
Des Suédois sont entrés dans la mer jusqu'au
cou pour lancer sur les flots des couronnes de fleurs
après avoir chanté ensemble.
Dimanche, des cérémonies bouddhistes avaient
marqué le jour de Noël dans les régions
de Thaïlande touchées par le tsunami.
Au Sri Lanka, les drapeaux ont été mis
en berne au moment où le nouveau président
Mahinda Rajapakse a observé deux minutes de silence
et déposé une couronne florale au pied d'un
monument en forme de vague. Sur la côte sud, des
villageois ont observé des veillées avec
des lampes creusées dans des noix de coco.
En Inde, des pêcheurs se sont abstenus de partir
en mer afin de prier pour les disparus dans la région
de Nagapattinam, où le tsunami a emporté
la moitié des 12.405 victimes enregistrées.
En Suède, dont 543 ressortissants ont péri
dans le tsunami, des cérémonies de commémoration
ont eu lieu à Stockholm, en présence de
la famille royale, à Göteborg et à
Malmö.
Grâce au formidable élan de solidarité
parti des pays riches en raison du nombre relativement
élevé de touristes occidentaux figurant
parmi les victimes, les efforts de reconstruction sont
à l'oeuvre un an après le drame.
Plus de 7,3 milliards de dollars ont été
promis au titre de l'aide multilatérale et nationale
tandis que les dons privés se sont élevés
à plus de 5,7 milliards de dollars. Mais une grande
partie des dons financiers disponibles doit encore être
affectée à des projets de reconstruction
en 2006.
Le bilan précis du tsunami a été
difficile à établir, les pays concernés
continuant à mettre à jour leurs statistiques
dans une région où les populations locales
ne sont pas toujours recensées avec exactitude.
Source : Reuters, 26 décembre 2005
Tsunami,
jour 40 - 3 février 2005
Les pourparlers entre Jakarta et
les séparatistes d'Aceh piétinent
"Les négociations de paix entre le gouvernement
indonésien et les représentants du Mouvement
Aceh libre (GAM) sont dans l'impasse dans la mesure où
les deux parties n'arrivent pas à s'accorder sur
l'objectif à atteindre", constate The Jakarta
Post. Des pourparlers ont été entamés
le vendredi 28 janvier à Helsinki, en Finlande. Ces
discussions étaient destinées en priorité
à renforcer la sécurité dans la région
d'Aceh pour permettre le bon déroulement des opérations
humanitaires mises en ¦uvre après le tsunami.
Les deux camps se rencontraient pour la première
fois depuis l'imposition de la loi martiale, en mai 2003,
qui précédait de peu le lancement d'une offensive
militaire dans la province d'Aceh, à la suite de
l'échec d'une trêve. La réunion a pris
fin le samedi 29 janvier, sans résultats tangibles,
relate le quotidien indonésien.
"Pour les représentants du GAM, il s'agit de
trouver un terrain d'entente pour arrêter les hostilités,
notamment en instaurant un cessez-le-feu", poursuit
le quotidien. Alors que, pour Jakarta, l'objectif est d'arriver
à "une solution définitive avec les séparatistes
qui réclament l'indépendance". Selon
le ministre de la Justice et des Droits de l'homme, Hamid
Awaluddin, la délégation gouvernementale a
remis au GAM un projet accordant à Aceh "un
statut d'autonomie spéciale". Les représentants
des rebelles se sont engagés à étudier
la proposition.
De son côté, Bakhtiar Abdullah, un porte-parole
du mouvement séparatiste qui vit en exil en Suède,
a souligné, lors d'un entretien téléphonique
avec The Jakarta Post, la volonté du GAM de coopérer
pour assurer la distribution de l'aide aux survivants après
la catastrophe du tsunami. Il a également tenu à
préciser que le GAM "insiste pour la tenue d'un
référendum sur l'indépendance dans
la province d'Aceh".
Le conflit d'Aceh a fait plus de 12 000 morts depuis 1976.
Aucune date n'a été officiellement fixée
pour une prochaine rencontre, "mais il est probable
qu'elle ait lieu le 21 février", croit savoir
le quotidien.
Source : Courrier international, 2 février 2005
Neuf survivants retrouvés
à Grand Nicobar 38 jours après le tsunami
Neuf personnes ont été retrouvées vivantes
mercredi, 38 jours après le tsunami du 26 décembre,
dans une île indienne, selon la police.
Les survivants -cinq hommes, deux femmes et deux adolescentes-
qui appartiennent à la tribu des Nicobarese, étaient
"assis dans la forêt quand nous les avons vus,
ils ont simplement couru vers nous, sans rien dire",
a expliqué l'inspecteur Shaukat Hussain à
l'Associated Press par téléphone depuis Campbell
Bay, la seule ville de l'île de Grand Nicobar.
Egalement connue sous le nom de Campbell Bay, l'île
est située à 225km de la région de
Banda Aceh, la plus touchée par la catastrophe, en
Indonésie.
L'inspecteur Hussain était à la tête
d'une équipe de policiers qui recherchaient des corps.
C'est à douze kilomètres des côtes,
que les rescapés ont été localisés.
Agés de 11 à 65 ans, ils vivaient tous dans
le village de Pillowbhabhi sur la côte occidentale
de l'île dont nombre de villages ont été
rayés de la carte.
"Quand le tsunami s'est produit, ils ont grimpé
au sommet d'une colline. Ils ont continué à
marcher, ils se sont perdus, et ont erré sans but
dans la forêt, se reposant puis marchant encore",
a souligné Shaukat Hussain. "Ils sont allés
de la partie ouest de l'île à la partie est,
jusqu'à ce que nous les sauvions".
Deux des rescapés, gravement déshydratés,
ont été hospitalisés. Les sept autres
ont été envoyés dans un camp humanitaire.
Ils ont expliqué qu'ils s'étaient nourris
de noix de coco, de pousses sauvages et des produits de
la chasse, selon l'inspecteur.
Le séisme de magnitude 9 survenu le 26 décembre
au large de l'île indonésienne de Sumatra et
suivi de raz-de-marée dévastateurs sur les
côtes des pays riverains de l'océan Indien
a fait, selon les sources, entre 156.976 et 178.115 morts
dans 11 pays, et entre 26.404 et 142.132 disparus, la plupart
présumés morts.
Au moins 10.779 personnes ont été tuées
par le cataclysme en Inde et au moins 5.614 sont portées
disparues, la plupart dans les archipels des Andaman et
Nicobar où l'île est située.
Source : AP, 2 février 2005
Tsunami,
jour 39 - 2 février 2005
Le rabbin
et le tsunami
Pour Mordechai Eliahu, ancien grand rabbin d'Israël,
les choses sont claires : « Le Tout-Puissant était
en colère avec les nations qui l'ont pas aidé
Israël, favorable à une évacuation, un
désengagement de Gaza, et cela a provoqué
un un tremblement de terre. » Ce message a été
publié par une publication religieuse distribuée
dans des milliers de synagogues à travers tout Israël.
«Extrêmement stupide », a commenté
le quotidien Yediot Aharonot.
Bill
Clinton nommé envoyé spécial de l'Onu
pour l'après-tsunami
Le secrétaire général des Nations Unies,
Kofi Annan, a proposé à l'ancien président
américain Bill Clinton d'être son envoyé
spécial dans les pays affectés par les tsunami
de fin décembre, et M. Clinton a accepté, a
confirmé l'Onu mardi dans un communiqué.
"Le secrétaire général est confiant
que M. Clinton apportera énergie, dynamisme et attention
soutenue à sa tâche, consistant à faire
conserver au monde son intérêt pour la phase
vitale de reconstruction après le désastre des
tsunami qui ont frappé l'Asie du Sud le 26 décembre
2004", déclare ce communiqué du porte-parole
de M. Annan, Fred Eckhard.
M. Annan "pense que personne ne pourrait être mieux
qualifié pour cette tâche", ajoute le texte.
Le secrétaire général et M. Clinton sont
convenus qu'une annonce formelle et une apparition conjointe
des deux hommes sera organisée au retour de M. Clinton
d'une tournée qu'il effectue actuellement dans la région
en compagnie de l'ancien président George Bush, père
de l'actuel occupant de la Maison Blanche, indique encore
le communiqué. Celui-ci avait demandé à
ses deux prédécesseurs à la présidence
de lever des fonds privés pour venir en aide aux victimes
de la catastrophe.
M. Eckhard avait laissé entendre un peu plus tôt
que l'annonce de la nomination de M. Clinton était
imminente.
Il avait alors expliqué que M. Annan compterait aussi
sur l'ex-président américain pour "profiter
des occasions que la catastrophe a données à
l'Indonésie et au Sri Lanka pour effectuer des percées
(dans leurs négociations) avec les mouvements rebelles".
L'idée serait, si les parties l'acceptent, que M. Clinton
puisse "faciliter les négociations de paix dans
ces deux cas", avait-il dit.
Deux des zones les plus touchées par les raz-de-marée
meurtriers du 26 décembre dernier, la province d'Aceh
dans le nord de l'île indonésienne de Sumatra
et le nord-est du Sri Lanka, sont depuis des années
le théâtre d'affrontements entre les armées
gouvernementales et des rebelles séparatistes.
Source : AFP, 2 février 2005
Plus
de 3,8 millions d'Euro collectés par SMS en France
L'opération "Un SMS pour l'Asie" a permis
de récolter plus de 3,8 millions d'euros en faveur
des pays de l'océan Indien ravagés par les raz-de-marée
du 26 décembre, annonce l'Association française
des opérateurs de téléphonie mobile (Afom).
"Au total, 3.417.780 SMS ont été envoyés
du 2 au 31 janvier. L'intégralité du prix du
SMS (un euro de don plus le prix d'envoi du SMS) est versée"
au Secours populaire, au Secours catholique et à la
Croix-Rouge, a-t-elle ajouté dans un communiqué.
Le montant total collecté atteint 3.807.137 euros,
les trois opérateurs français - Bouygues, SFR
et Orange - s'étant engagés à doubler
les contributions de leurs abonnés respectifs pendant
la première semaine de l'opération.
Le communiqué précise cependant que cette somme
globale n'inclut pas l'abondement supplémentaire par
France Télécom d'un euro par SMS.
L'appel à la solidarité a été
relayé pendant un mois auprès des 44,5 millions
de Français ayant un téléphone portable
par des messages sur Radio France, RMC et TF1.
Source : Reuters, 1er février 2005
Tsunami,
jour 35 - 29 janvier 2005
Premières
accusations sur des détournements de l'aide en Indonésie
- Reconstruire, mais aussi faire son deuil : comment soigner
le traumatisme psycholgique du tsunami ? - Il y a une vie
après le tsunami - Tsunami : Le PJD marocain pris dans
le tourbillon - Benkirane : «Il faut tirer les leçons
des malheurs» - Le tsunami, une "punition divine",
"seul Dieu le sait" - 60 chanteurs français
vont sortir un single, "Et puis la Terre"
Premières
accusations sur des détournements de l'aide en Indonésie
Un mois après le tsunami, l'Indonésie fait face
aux premières accusations de détournement de
l'aide susceptibles d'inquiéter les donateurs qui ont
commencé à déverser les milliards de
dollars promis.
Le pays le plus sévèrement frappé par
la catastrophe doit logiquement se tailler la part du lion
de l'assistance internationale. Pour l'heure les vols présumés
semblent limités, mais ils n'augurent rien de bon.
L'Indonésie est régulièrement dénoncée
comme l'une des nations les plus corrompues du monde.
Le ministre de la Protection sociale Alwi Shihab a annoncé
vendredi que ses services vérifiaient l'exactitude
d'un audit faisant état d'un détournement de
200 millions de roupies (21.800 dollars) d'aide.
Cet argent aurait, selon l'audit, financé un sommet
sur les infrastructures à Jakarta, qui n'a rien à
voir avec l'opération humanitaire.
"Cela nécessite une enquête plus poussée
pour savoir s'il s'agit d'une faute de frappe (dans les comptes)
ou de quelque chose d'autre", a dit le ministre à
l'AFP. Selon lui, pour l'instant rien ne permet de confirmer
une mauvaise affectation de ces fonds.
Dans la province d'Aceh, où sont morts ou ont disparu
environ 230.000 habitants, se multiplient les témoignages
sur des policiers et surtout des soldats faisant main basse
sur des vêtements, du lait ou du sucre.
Pour les spécialistes de l'Indonésie, ces faits
étaient prévisibles. La région d'Aceh,
en proie à une guérilla indépendantiste,
est contrôlée depuis des années par l'armée,
qui s'y autofinance grâce à divers trafics.
La zone a longtemps été restreinte d'accès
aux ONG internationales. Celles-ci se trouvent aujourd'hui
avec des sommes d'une ampleur jamais vue, qu'elles doivent
affecter à des projets liés au tsunami.
Sans bureau dans la zone, ces organisations humanitaires sont
souvent obligées de se trouver des partenaires locaux
privés ou para-publics, qui eux-mêmes graissent
la patte des militaires.
Le gouvernement indonésien a pourtant promis une totale
clarté sur l'aide destinée au nord de Sumatra.
La police a annoncé jeudi avoir arrêté
un important responsable de la lutte anti-corruption, qu'elle
accuse d'avoir volé des camions chargés d'assistance
destinée aux victimes du tsunami.
Farid Faqih, directeur d'un organisme indépendant qui
entend contrôler la transparence des actions gouvernementales,
se voit reprocher d'avoir caché ce ravitaillement humanitaire
dans un entrepôt de la capitale provinciale Banda Aceh.
Le voleur présumé travaillait avec le Programme
alimentaire mondial (PAM) des Nations unies et avait accès
à des tonnes de produits d'assistance.
Les policiers ont dit avoir retrouvé dans le local
des ordinateurs, des machines à laver et des imprimantes.
Un officier a précisé que des soldats furieux
avaient passé à tabac le suspect, en découvrant
le détournement présumé.
Le visage tuméfié de Farid Faqih a été
montré à la télévision, ce qui
a déclenché la colère de ses proches,
qui affirment qu'il a eu le tort d'accuser le gouvernement
de gonfler le nombre de sinistrés afin d'obtenir davantage
d'aide.
La Nouvelle-Zélande a de son côté annoncé
jeudi qu'elle allait demander une enquête à l'Indonésie
sur des pots-de-vin qui auraient été versés
à des militaires indonésiens par des habitants
aisés évacués par des avions néo-zélandais.
Le magazine américain Newsweek a affirmé que
des victimes qui ont gagné Jakarta à bord d'un
avion Hercules de l'armée néo-zélandaise
étaient "des gens correctement habillés,
qui avaient payé jusqu'à 80 dollars des militaires
indonésiens pour pouvoir embarquer".
Dans ce contexte particulier, le salut ne viendra pas des
autorités locales: le gouverneur d'Aceh, Abdullah Puteh,
est détenu et jugé pour des faits présumés
de corruption.
Source : AFP, 28 janvier 2005
Reconstruire,
mais aussi faire son deuil : comment soigner le traumatisme
psycholgique du tsunami ?
Toutes les organisations humanitaires sont unanimes sur le
sujet : après l'aide alimentaire et la reconstruction
des maisons, il s'agira d'apporter un soutien psychologique
aux communautés victimes du tsunami du 26 décembre
dernier, même si "l'étendue des répercussions
émotionnelles est impossible à évaluer",
comme le souligne The New York Times. Néanmoins, les
Nations unies ont rapidement envoyé une équipe
de psychologues au Sri Lanka, puis des spécialistes
de la santé mentale aux Maldives.
Selon les experts, "n'importe quelle catastrophe naturelle
entraîne un lourd tribut émotionnel à
payer, mais celle-ci s'est distinguée par son étendue
et son impact extrêmes", relève The NYT.
Des études portant sur les traumatismes subis à
la suite de tremblements de terre, d'incendies, de cyclones
et d'autres désastres ayant dévasté des
communautés entières ont montré "qu'une
majorité de survivants sont dans la capacité
de vivre en dépit de leurs effroyables souvenirs en
surmontant leur douleur, mais un certain nombre souffrent
de désordres psychologiques chroniques ou même
d'une torpeur émotionnelle qui les isole d'autrui".
Le journal new-yorkais rappelle les éléments
mis en évidence par les chercheurs : après un
choc violent ou l'implication ne serait-ce que comme
témoin dans une catastrophe, "5 % à
10 % des individus souffrent de cauchemars à répétition,
de morosité, de fatigue nerveuse ou d'autres symptômes
liés à un état posttraumatique. Ces symptômes
sont considérés comme inquiétants s'ils
deviennent chroniques ; ils peuvent apparaître des mois
ou même des années après le choc."
Dans le cas du tsunami ayant sévi en Asie du Sud, les
réactions posttraumatiques en nombre sont à
redouter, d'autant plus chez les personnes qui se trouvaient
immédiatement sur le lieu du drame. Ainsi, se souvient
The NYT, "après le tremblement de terre qui a
rasé la ville arménienne de Spitak en 1988,
tuant la moitié de ses écoliers, les chercheurs
de l'université de Californie ont souligné dans
une étude que la majorité des enfants survivants
ont souffert de stress posttraumatique et de dépression".
Il est évident que "plus l'épreuve est
extrême, plus le risque de traumatismes est élevé",
déclare le Dr Alan Steiberg, l'un des chercheurs californiens.
De ce fait, à la suite du passage du raz de marée,
les personnes qui étaient proches de la plage sont
celles qui sont aujourd'hui les plus menacées de désordres
psychologiques chroniques. Et pour celles qui étaient
plus éloignées de l'océan, le choc causé
par la perte de leur maison et de leurs proches serait amplifié
par le trauma et la violence, disent les psychiatres. "Lorsque
le dernier souvenir d'un être aimé est sous-tendu
par la violence, explique The NYT, ou empreint de culpabilité
ou de colère impuissante, cela interfère avec
la capacité naturelle à faire son deuil, laissant
les individus figés dans leur malheur, en prise avec
la dépression, les coupant du reste du monde."
S'il existe "une image symbolique de cette catastrophe,
c'est celle de la perte d'un enfant tandis que les parents,
luttant pour leur propre survie, sont incapables de le protéger
ou de le sauver", déclare le Dr Robert Pynoos,
codirecteur du Centre national du stress traumatique chez
l'enfant et professeur à l'Institut de neuropsychiatrie
de l'université de Los Angeles. Ces propos, note The
NYT, sont confirmés par tous les experts, qui soulignent
en outre "que le risque de dépression s'accroît
lorsque la mort d'un être aimé n'est pas confirmée,
ou quand le corps a été enterré dans
une fosse commune sans avoir été identifié,
comme ce fut le cas en d'innombrables endroits touchés
par le tsunami".
Dans ce type de circonstances, continue le quotidien new-yorkais,
"le cycle normal des rituels culturels liés à
la mort est interrompu, ce qui provoque souvent des rumeurs
étranges. Ainsi, en 1985, en Colombie, une éruption
volcanique a provoqué l'enfouissement dans la boue
des corps de 80 % des habitants de la petite ville d'Armero.
Des mois plus tard, circulaient des histoires selon lesquelles
des personnes auraient vu certains des disparus errer en de
lointains endroits. Ce n'est qu'après la découverte
des corps et la tenue des cérémonies funèbres
que les survivants ont pu faire leur deuil", explique
un rapport émanant de l'Organisation mondiale de la
santé, qui relate d'autres affaires du même ordre.
Dans le cadre de la catastrophe du 26 décembre
qui a fait 280 000 victimes , les représentants
des organisations humanitaires pourront, dans les mois à
venir, contribuer à dissiper de telles rumeurs par
l'intermédiaire d'une attention particulière
portée aux survivants menacés de dépression
ou de stress traumatique, indique The NYT. "L'OMS a formé
ses représentants tout spécialement à
cette forme d'aide apportée aux victimes de traumatismes.
Par ailleurs, un organisme affilié à l'université
d'Oslo prépare actuellement un programme d'informations
et de conseils à destination des enseignants et des
personnes concernées vivant dans les régions
les plus touchées par le tsunami."
Source : Courrier international, 28 janvier 2005
Il
y a une vie après le tsunami
par Christian MERVILLE, le Point, 28 janvier 2005
Les chiffres, dans leur terrible laconisme, en disent trop
ou pas assez. Depuis hier, c'est à 300 000 morts que
s'établit le bilan du tsunami, et il est loin d'être
définitif. Le parallèle s'impose à l'esprit
: en 1945, les deux bombes atomiques lâchées
par les Américains sur Hiroshima puis sur Nagasaki
avaient fait un total de 210 000 morts. Or pour l'Indonésie
seule, pays le plus touché par le cataclysme qui a
ravagé le 26 décembre dernier (à 9h36
très exactement) douze pays riverains de l'océan
Indien, on parle de 101 999 victimes enterrées, de
127 749 disparus, de 100 000 blessés. Faudrait-il croire
qu'à mesure que s'allonge, jour après jour,
la litanie des morts, grandit l'indifférence de l'opinion
publique ? Comme si l'horreur ayant atteint un seuil limite,
les esprits en étaient devenus comme mithridatisés,
même si les gouvernements, eux, continuent de se mobiliser
pour secourir les rescapés de la tragédie.
Les images sont autrement plus poignantes. Celles par exemple
de ces salles de classe à moitié vides dans
la province d'Aceh, de cet enseignant qui annonce devant les
caméras de télévision, le regard éteint,
que ce matin, un tiers seulement des élèves
ont répondu présents à l'appel, de ces
lycéennes en uniforme, sur le chemin de l'école,
qui se pincent le nez en passant devant les nombreuses fosses
communes du village.
Des chiffres encore. Le gouvernement de Djakarta vient d'annoncer
qu'il aurait besoin de 4,5 milliards de dollars pour reconstruire
ce que le raz-de-marée a balayé. Le Sri Lanka
s'attend à recevoir 1,8 milliard. À travers
le monde, les promesses de dons atteignent le total de 8 milliards
de dollars et Markku Niskala, secrétaire international
des sociétés de Croix-Rouge et de Croissant-Rouge,
parle pour celles-ci de la somme record de 1,4 milliard de
francs suisses « des fonds, reconnaît-il,
suffisants pour planifier nos programmes d'assistance sur
dix ans ». Une période que certains jugeront
trop longue, mais il faut avoir vu de près les dégâts
pour réaliser qu'une décennie entière
est à peine suffisante si l'on veut effacer les traces
de la tragédie. Encore ne s'agit-il là que des
dégâts matériels. Il restera toutes les
femmes, les hommes, les enfants qui continueront longtemps
encore à souffrir de crises post-traumatiques.
À partir d'aujourd'hui, les représentants de
43 pays et 13 organisations internationales plancheront deux
jours durant dans le site jadis paradisiaque de Phuket sur
les mesures concrètes pour la mise au point d'un système
d'alerte dans toute la région. D'ores et déjà
les participants peuvent afficher une relative satisfaction
: il a été possible d'éviter, par la
grâce d'on ne sait trop quel miracle, le déclenchement
d'une série d'épidémies qui auraient
pu causer autant de dommages que la déferlante maritime.
Et dire que pendant ce temps, sur l'autre rive du même
océan, un continent entier subit chaque semaine l'équivalent
d'un tsunami en pertes humaines, à cause de la faim,
de la guerre et de la sécheresse. C'est le Premier
ministre britannique Tony Blair qui l'a fort opportunément
rappelé, imité en cela par la France, le CICR
et les Nations unies. Dans la seule République démocratique
du Congo, a dit Jan Egeland, coordinateur des opérations
d'urgence de l'organisation internationale, il y a un quart
de million de morts tous les cinq mois. Amer, il avoue que
« certaines régions sont plus populaires que
d'autres », une prédilection due sans doute au
fait qu'il s'agit de destinations touristiques. Devra-t-on
alors s'employer à détourner vers les plages
sénégalaises ou ivoiriennes les vacanciers européens
et américains pour attirer l'attention des pays riches
sur le sort du continent noir ? On pourrait relever en passant
que douze des quatorze crises humanitaires qui affectent un
peu partout pas moins de 26 millions de personnes frappent
l'Afrique. Et que le budget pour y remédier n'est que
de 158 millions de dollars. Encore s'agit-il de montants qui
ont été quadruplés depuis 2004...
On peut trouver normal que les colères épisodiques
de Dame Nature comme celle du mois dernier soient plus propres
à frapper les imaginations que les massacres intertribaux
ou le sida. Après tout, la terreur qu'un tel choc réveille
vient du plus profond des âges, sans doute d'aussi loin
que le temps de ce déluge dont parle la Bible.
Sans doute est-ce cela qui poussait il y a peu le journal
marocain Attajdid à affirmer que le tsunami avait été
« une punition divine » du tourisme sexuel pratiqué
dans les pays touchés. Décidément, il
y aura toujours des mémoires qui seront hantées
par le souvenir de Sodome et Gomorrhe.
Tsunami
: Le PJD marocain pris dans le tourbillon
par Abdelmohsin EL HASSOUNI, Aujourd'hui Le Maroc, 28 janvier
2005
Le
Tsunami qui a éclaboussé la classe politique
marocaine risque de laisser des traces pour longtemps. Et
pour cause, la première décision que la Haute
autorité de la communication audiovisuelle devra trancher
sur un sujet éminemment politique.
L'affaire
PJD-2M a pris des dimensions insoupçonnées depuis
que la Haute autorité de la communication audiovisuelle
(HACA) a été saisie. Une pression terrible est
exercée sur les membres de cette institution fraîchement
créée.
Tout a commencé par un article d'Attajdid (proche du
PJD) qui a exhorté les Marocains à tirer les
leçons morales qui s'imposent à la suite de
la catastrophe du Tsunami.
Cette lecture "rétrograde" a été
sévèrement critiquée par plusieurs ONG,
notamment l'Organisation marocaine de lutte contre la haine
et le racisme. Le président de cette dernière,
notre confrère Jamal Berraoui, a remué ciel
et terre pour que cette condamnation soit celle de toute la
société marocaine. S'en est suivi un reportage
sur la deuxième chaîne, signé par notre
autre confrère, Taoufiq Debbab. Ce dernier a usé
d'un ton, on ne plus acerbe, pour expliquer que les propos
développés dans l'article d'Attajdid étaient
de nature à encourager la haine et la violence, faisant
ainsi allusion aux attentats du 16 mai et la supposée
responsabilité du PJD dans cette catastrophe.
C'est justement ce "mélange des genres",
pour reprendre l'_expression utilisée par Abdelilah
Benkirane, que les responsables du parti islamiste marocain
ont condamné. Un sit-in a été observé
face au siège de la chaîne d'Aïn Sebaâ.
Plusieurs membres du PJD y sont venus crier leur colère.
Cerise sur le gâteau: la HACA a été saisie
par le PJD. Il s'agit pour cette Haute Autorité de
dire si le journaliste de 2M (qui se trouve être également
directeur adjoint de la rédaction) avait tort ou pas
de prendre personnellement position dans cette affaire. C'est
toute la question des lignes rouges du journalisme dans les
médias audiovisuels publics. Peuvent-ils exprimer leurs
intimes convictions quand celles-ci sont partagées
par d'autres intervenants comme des ONGs ou des parlementaires
?
Force est de constater que le débat sur cette question
est doublement politique.
D'une part, car le statut des chaînes nationales et
les limites de leur indépendance vis-à-vis des
pouvoirs publics ne sont pas du tout clairs au Maroc. Il s'agira
de savoir si la RTM, 2M ou la radio nationale sont des institutions
au service exclusif de la politique de l'Etat. Ou au contraire,
ce sont des médias, certes publics, mais dont l'unique
moteur doit être l'information et la recherche de la
vérité.
D'autre part, l'affaire 2M-PJD soulève une autre question
non moins politique: quelles sont les limites de l'islamisme
au Maroc? et quelle attitude les islamistes marocains doivent
tenir? En termes clairs, le PJD doit-il agir comme un parti
comme tous les autres, c'est-à-dire se tenir à
carreau?
Des questions difficiles, soumises à la HACA, au grand
dam de ses responsables, qui ont sur le bureau (on ne le répétera
jamais assez) leur premier dossier et pas des plus simples.
Toutefois, si la réponse de la HACA n'a pas le mérite
d'être claire et tranchée, c'est toute sa crédibilité
qui risque d'en pâtir dans l'avenir.
L'intervention du SNPM mérite également un temps
d'arrêt. Le syndicat a adopté une attitude mi-figue,
mi-raisin. Il a tout simplement condamné les deux parties.
L'article d'Attajdid est contraire aux valeurs journalistiques
et le reportage de 2M, caractérisé par son acharnement,
n'est pas du tout professionnel.
Voilà en substance la position du Syndicat national
de la presse marocaine. Younes Moujahid a tiré son
épingle du jeu. En sera-t-il de même pour la
HACA? En tout cas, le communiqué du SNPM a valu à
ce dernier les plus sévères critiques de Samira
Sitaïl, la directrice de l'information de 2M. Elle a
estimé (voir entretien ci-contre) que le SNPM n'avait
pas à intervenir dans cette polémique. Quant
à la HACA, Sitaïl estime qu'elle doit suivre les
valeurs défendues par la société marocaine.
Il se trouve que le PJD revendique une bonne partie de cette
même société. Ce qui nous ramène
à l'aspect politique du débat.
Quelle que soit la décision de la HACA, elle fera date.
Les deux parties en conflit sont au moins d'accord sur une
chose. Elles espèrent que l'avis de la HACA ne sera
pas aussi "tranché" que celui du SNPM.
Benkirane
: «Il faut tirer les leçons des malheurs»
parTarik QATTAB , Aujourd'hui Le Maroc, 28 janvier 2005
Abdelilah
Benkirane est le directeur responsable du quotidien «Attajdid»,
membre du secrétariat général du Mouvement
unicité et réforme (MUR) et président
du Conseil national du PJD. Pour lui, il n'existe aucune relation,
à part celle de la sympathie, entre la publication
et le parti.
ALM
: Quelle est votre lecture des critiques émises par
le Syndicat national de la presse marocaine relative l'atteinte
qu'aurait porté l'article d'«Attajdid»
aux victimes du Tsunami et au manque de professionnalisme
dont la deuxième chaîne est accusée dans
sa riposte à cet article ?
Abdelilah
Benkirane : Notre réponse est que le point de vue du
SNPM est, somme toute, raisonnable. Il émane d'une
lecture objective de tout ce qui s'est passé, suite
à la publication par notre journal d'un article d'opinion,
où une lecture, parmi d'autres, a été
donnée a la tragédie éprouvée
par les peuples des pays asiatiques touchés par le
Tsunami. Ceci dit, nous ne reconnaissons pas la critique formulée
par le Syndicat à notre égard, notamment le
fait qu'on ait failli aux règles de déontologie
auxquels nous sommes tenues, en ayant porté atteinte
à d'innocentes victimes. Il faut préciser, dans
ce sens, que l'article ne comprend aucun commentaire de nature
à offusquer ou porter préjudices à des
victimes dont nous partageons la souffrance. Par ailleurs
nous avons positivement accueilli la position du SNPM quant
à la réaction, pour le moins partiale, acharnée
et préjudiciable, de la deuxième chaîne
à l'égard de notre publication.
Pensez-vous
que la HACA va aller dans le sens du SNPM ?
On
le souhaite. Mais pour l'heure, la HACA est en train de statuer
non pas sur la réaction de 2M, mais sur les liens qui
unissent «Attajid» et le Parti de la Justice et
du Développement (PJD). L'acharnement dont «Attajdid»
fait l'objet s'apparente de plus en plus à une campagne
qui vise également le parti. Ce qui est plutôt
surprenant. D'autant qu'il n'y a pas de rapport entre les
deux.
Mais
le constat est qu'il existe bel et bien une relation entre
la publication et le parti. Que répondez-vous à
cela ?
Les
rapports qui nous lient se limitent à la sympathie.
Une sympathie qui fait qu'«Attajdid», relevant
d'un autre organisme, le MUR en l'occurrence, ouvre ses colonnes
au PJD. Ce dernier ne dispose pas, et contrairement à
toutes les grandes formations politiques au Maroc, d'un organe
de presse. Nous considérons qu'il est normal de notre
part de combler cette lacune, dans la mesure du possible.
Cette sympathie mise à part, le parti n'a aucun lien
avec le journal. Ce dernier n'est ni financé, ni géré
par le PJD. Celui-ci n'intervient à aucun moment et
à aucun lieu dans les décisions prises par «Attajdid».
Le PJD ne désigne pas son directeur. Le parti n'est
même pas informé de ce qui se passe à
l'intérieur du journal, ni du choix des sujets traités,
ni de la manière dont ils sont traités. Bref,
le parti n'est en rien concerné par le quotidien. Les
attaques qui visent tant bien le journal que le parti semblent
ne pas vouloir établir une distinction qui s'impose
d'elle-même. Au contraire, on essaye par tous les moyens
de nourrir l'amalgame, histoire de punir le père pour
une erreur qu'aurait commise le fils.
Croyez-vous
donc à l'idée d'un complot monté pour
porter atteinte et au PJD et à «Attajdid»?
Les
organes d'antan qui s'amusaient à saisir des journaux
qui dérangent n'étant plus de mise, certains,
des personnes physiques comme morales, se disant laïques,
essayent par tous les moyens d'empêcher « Attajdid»
de travailler en respectant les principes sur lesquels il
est fondé et qu'il défend. Empêcher un
journal d'émettre un discours en partant de ses valeurs
revient à lui porter atteinte. D'autant que l'article
incriminé ne tranche en rien sur le caractère,
divin et punitif, de la catastrophe d'Asie. Il est une simple
opinion, formulée de bonne foi, et qui plus est, argumentée.
Nous sommes dans un pays musulman, et en tant que musulmans,
il y a des leçons à tirer de chaque malheur.
Ce que cette véritable armée qui s'est mobilisée
contre la thèse de l'article cherche, c'est qu'on renie
son contenu. Cela revient pour nous à trancher, dans
l'autre sens et dire que c'est un phénomène
de la nature. Alors que seul Dieu sait pourquoi un tel drame
s'est produit.
Toute
cette polémique, aurait-elle pu être évitée
? Et comment?
La
lecture faite du Tsunami a été élaborée
suivant une perception que nous avons cru la bonne. Mais la
réaction de la deuxième chaîne, ainsi
que toutes celles qui l'ont suivi n'obéissent qu'à
une volonté pure et simple de nuire. 2M, en tant que
chaîne publique financée par l'argent de tous
les Marocains, se devait d'observer la neutralité la
plus totale. Au lieu d'officier en partie prenante, elle aurait
dû faire intervenir les parties directement concernées.
Le dialogue, auquel nous sommes toujours ouverts, n'en aurait
été que plus riche. Le professionnalisme de
la chaîne s'en serait sorti grandi.
Le
tsunami, une "punition divine", "seul Dieu
le sait"
Le
quotidien islamiste Attajdid a estimé jeudi que "seul
Dieu" savait si le tsunami asiatique était une
"punition divine" du tourisme sexuel, comme il l'avait
affirmé dans un précédent article.
Un
article du journal paru le 6 janvier dernier avait suscité
une vive polémique. Le tsunami en Asie y était
présenté comme une "punition divine"
doublée d'un "avertissement" au Maroc accusé
d'accueillir, à l'instar de pays d'Asie du sud, des
"touristes sexuels" et des "réseaux
de prostitution". "Cet article, exploité
(...) pour parasitage et désinformation exprime l'opinion
personnelle de son auteur, il y a exposé sa lecture
de l'évènement à partir de sa culture
et de son référentiel islamiques, c'est-à-dire
du Coran", souligne Attajdid dans un communiqué.
Mais, ajoute le journal islamiste, "si nous ne sommes
pas catégoriques sur le fait que le tsunami soit une
punition divine, car seul Dieu le sait (...), nous croyons
en revanche, comme tous les musulmans de tous les temps, que
les séismes et les catastrophes dépendent de
la volonté de Dieu".
"Nous sommes étonnés que les gens qui pensent
de cette manière voient leur droit à l'_expression
bafoué", ajoute Attajdid en direction des associations
et journaux qui ont critiqué son article du 6 janvier.
Pour l'Association de lutte contre la haine et le racisme
(ALHR, indépendante), l'article incriminé "ne
fait que confirmer que l'intégrisme est le père
naturel du terrorisme car, que combattaient les kamikazes
(qui avaient commis les attentats du 16 mai 2003 à
Casablanca, ayant fait 45 morts) sinon cette société
prétendument impie que leur décrit Attajdid".
L'ALHR appelle les Marocains à la vigilance "face
à un discours qui sous couvert de morale, cache l'inquisition
et la haine de l'autre". Elle a mobilisé une vingtaine
d'associations pour une manifestation, samedi, devant les
locaux du journal islamiste à Rabat.
Source : AFP, 27 janvier 2005
60
chanteurs français vont sortir un single, "Et
puis la Terre"
Le chanteur français Patrick Bruel a mobilisé
une soixantaine d'artistes afin d'enregistrer un single intitulé
"Et puis la Terre". L'argent récolté
servira à venir en aide aux victimes du raz-de-marée
en Asie de décembre. "Et puis la Terre" sortira
dans les bacs le 31 janvier.
Johnny Hallyday, Charles Aznavour, Garou, Yannick Noah, Kyo,
Calogero, Julien Clerc, Corneille, Etienne Daho, Lara Fabian,
Jenifer, Patricia Kaas, Renaud, Michel Sardou, Véronique
Sanson ou encore Zazie ont dit oui spontanément à
Patrick Bruel pour sortir le plus rapidement possible cette
chanson. L'intégralité des gains du disque sera
reversée au profit du collectif "Asie enfants
isolés" créé à l'initiative
du Ministère des solidarités de la santé
et des familles.
Source : Europe 1, 28 janvier 2005
Tsunami,
jour 34 - 28 janvier 2005
Le
dernier bilan frise les 300 000 morts
Selon
une compilation des derniers chiffres fournis par les États
concernés et les organisations humanitaires, le nombre
des morts et disparus s'établissait jeudi à
298,055.
L'Indonésie a été le pays le plus touché
avec 101.999 morts confirmés, 127.749 disparus et quelque
100.000 blessés
Seul
au monde : le terrible témoignage de l'unique rescapé
de Pillowpanja
"J'ai cru que j'allais mourir et pire encore, que j'allais
mourir tout seul". Unique rescapé du raz-de-marée
qui a tué tous les autres habitants de son île,
Michael Mangal a survécu pendant 25 jours en priant
et en pensant à la femme qui ne l'avait jamais aimé.
Cet homme de 40 ans, cultivateur de noix de coco, a été
secouru le 19 janvier sur l'île de Pillowpanja, à
la pointe sud du vaste archipel indien d'Andaman et Nicobar.
La vague du 26 décembre l'avait laissé seul
sur l'île, avec seulement ses sous-vêtements.
"Le soir venu, la seule chose que j'avais, c'était
une Bible que j'avais trouvé dans les décombres,
je la lisais et je priais", a-t-il raconté à
l'agence Associated Press (AP) par le truchement d'un interprète,
dans sa première interview après son sauvetage.
Un récit difficile, entrecoupé de longues pauses,
et d'absences.
Son histoire commence le jour de Noël, avec une fête
traditionnelle dans son village dans la très soudée
tribu nicobaraise, la plus importante de l'archipel. "On
avait cuisiné des cochons et des poulets et il y avait
beaucoup d'alcool", dit-il. "Tout le monde chantait".
Le lendemain, il se lève tôt pour aller à
l'église. "Je prenais mon thé et tout à
coup la maison a tremblé. Pof! Je suis tombé.
Alors je suis sorti et j'ai vu la mer qui venait vers moi
comme un monstre. J'ai commencé à courir pour
échapper à la mort".
Des vagues furieuses ont balayé la côte. Chacun
a tenté de s'enfuir mais les vagues ont été
plus rapides. Tout le monde a été emporté,
dont Michael. Mais lui a pu revenir.
"L'eau m'a ramassé. Et ensuite l'eau m'a saisi
et renvoyé à Pillowpanja", dit-il. "Quand
je suis revenu, il n'y avait personne. Plus personne. J'ai
regardé partout. Je n'ai pas vu un seul être
vivant. Mais étonnamment je n'ai pas vu de cadavre
non plus".
Son île était méconnaissable. Situé
au large de la côte nord-ouest de Little Nicobar, ce
petit bout de forêt et de cocotiers au milieu de la
mer, sans électricité ni eau courante, n'apparaît
pas sur la plupart des cartes.
Le tsunami avait rasé des kilomètres de forêts.
Des milliers de cocotiers étaient à terre. Les
dizaines de maisons en paille, pyramides montées sur
des piliers de bois, avaient tout simplement disparu.
"J'ai cherché ma maison. Elle se trouvait à
200 mètres de la plage. Mais il n'y avait pas de maison.
Soudain j'ai réalisé que j'étais tout
seul sur l'île. Ils étaient tous morts".
Son épouse étant décédée
il y a plusieurs années, il vivait, sans enfants, avec
son cousin, son oncle et sa soeur. Non loin, vivait la femme
qu'il avait aimé toute sa vie. Elle aussi est morte
dans le tsunami mais il ne donnera pas son nom. Lors de ces
journées seul sur l'île, il a souvent pensé
à elle. "J'avais voulu l'épouser. Mais
elle ne disait jamais rien. Je crois qu'elle ne voulait pas
se marier avec moi".
La nuit, le rescapé, qui dormait sous un arbre sur
un matelas de plastique, était terrifié. "J'avais
peur des esprits. Je pensais qu'ils allaient me tuer".
Bien que chrétiens pour la plupart, la majorité
des Nicobarais restent marqués par les croyances animistes,
cultivant le culte des esprits et pratiquant le sacrifice
des animaux.
Il était aussi terrifié par les répliques
du séisme. "Je fermais les yeux mais la terre
se mettait soudain à trembler et je ne pouvais pas
dormir. Comment la terre pouvait-elle trembler comme ça
éternellement?"
Petit à petit, le survivant s'est adapté à
sa nouvelle vie. Il a trouvé un "dhav", un
grand couteau pour couper les noix de coco et tailler le bois.
Il s'est fabriqué un lit avec quelques planches. Le
jour il errait sur l'île et dormait, avant de s'asseoir
sur la plage le soir pour prier.
"Quand j'avais faim, je prenais une noix de coco et je
la coupais. Je buvais le lait et mangeais la pulpe. Quand
il pleuvait je joignais les mains pour recueillir l'eau et
je buvais tout".
Les autorités indiennes avaient alors lancé
le plus gros de leur effort de secours. Mais l'étendue
de l'archipel était un obstacle, ainsi que les denses
forêts des îles. "Je voyais des avions mais
ils ne me voyaient pas. J'étais souvent dans la forêt
quand ils passaient. Ou alors ils volaient trop haut".
Des jours ont passé, puis des semaines. Dans le silence.
"On aurait dit que toute la vie avait été
engloutie par la mer. J'étais triste tout le temps.
Ma famille me manquait. Je me répétais tout
le temps: 'Personne ne viendra me secourir et je vais mourir
ici'".
Et puis un jour, au loin, le Robinson du tsunami a distingué
le ronflement d'un bateau à moteur. Il a enlevé
son caleçon et fait des grands signes. C'était
quatre Nicobarais de l'île voisine de Pillowbha parti
chercher des bananes sur une autre île. Quand ils l'ont
vu, Michael s'est effondré sur la plage.
"Il ne disait rien. Il me regardait seulement fixement",
raconte Michael Solomon, l'un de ses sauveteurs. "Il
n'a pas prononcé un mot. Il n'y avait aucune émotion
sur son visage".
Les quatre hommes l'ont emmené à Campbell Bay,
dans le sud des îles Andaman où il est arrivé
à l'hôpital, gravement déshydraté.
Mais son endurance physique et sa force psychologique ont
étonné les médecins.
Aujourd'hui, Michael, soigné pour une blessure à
la jambe et des maux d'estomac, se promène dans l'hôpital
et se rend parfois dans un camp de réfugiés
nicobarais voisins où il s'est fait des amis. Mais
il ne pense qu'à retourner sur son île. "Je
veux rentrer chez moi. Je veux revenir à Pillowpanja".
Source : AP, 27 janvier 2005
Le
président indonésien propose des concessions
aux indépendantistes d'Aceh
Le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono
a offert jeudi des concessions aux indépendantistes
de la province d'Aceh, dévastée par le tsunami,
s'ils acceptent un cessez-le-feu lors des pourparlers de paix
qui doivent se tenir vendredi à Helsinki en Finlande
puis un réglement du conflit sur la base d'un statut
d'autonomie.
Le président indonésien a dit avoir proposé
aux responsables du Mouvement pour un Aceh libre (GAM) "de
nouveaux pourparlers pour mettre fin au conflit pacifiquement
et sagement". "J'ai entendu que leur réponse
est positive", a-t-il déclaré dans un entretien
sur la chaîne CNBC Asie Pacifique.
"Si nous nous mettons d'accord pour mettre fin au conflit
sur la base d'un statut particulier d'autonomie, je leur offrirai
des concessions", a dit le président indonésien,
ajoutant qu'elles comprendraient une amnistie et des mesures
de réinsertion des combattants indépendantistes.
Les deux parties doivent se retrouver vendredi à Helsinki
pour tenter de conclure un accord de cessez-le-feu. L'Indonésie
veut que ces pourparlers soient suivis de négociations
sur le statut de la province.
Le GAM lutte depuis 1976 pour l'indépendance de la
province d'Aceh, un territoire grand comme la Hollande de
4,1 millions d'habitants à la pointe nord de l'île
indonésienne de Sumatra. Une précédente
trêve avait été rompue en 2003 par le
lancement d'une nouvelle offensive contre les séparatistes
par l'armée indonésienne.
Mais les médiateurs des pourparlers estimaient que
les indépendantistes n'accepteraient rien qui aille
en deça d'un référendum sur l'indépendance
supervisé par la communauté international comme
celui qui avait mis fin au pouvoir indonésien au Timor-Oriental
en 1999.
"Notre combat ne reconnaît pas une autonomie large
ou autonomie spéciale offerte par l'Indonésie",
a déclaré le chef rebelle Tengku Mucksalmina
joint par téléphone. "Notre combat est
toujours destiné à obtenir l'indépendance
d'Aceh".
Source : AP, 27 janvier 2005
Tsunami,
jour 32 - 27 janvier 2005
Oxfam
critique l'aide aux victimes - Un quart de l'aide demandée
par l'ONU est arrivé - Recueillement en Asie un mois
après les tsunamis - Sri Lanka: 40 enfants-soldats
recrutés par les Tigres tamouls depuis le tsunami -
Derrière la tragédie du tsunami, une mine d'informations
pour les scientifiques - Près d'un Français
sur deux a donné pour l'Asie, selon un sondage
Oxfam
critique l'aide aux victimes
L'organisation humanitaire britannique Oxfam publie un rapport
un mois après le tsunami, qui est très critique
sur l'aide apportée aux victimes du tsunami. Oxfam
explique ainsi que certaines agences d'aide actives sur le
terrain manquent des compétences requises. exemple
: des maisons ont été reconstruites au Sri Lanka
trop près l'une de l'autre, ce qui pose des problèmes
d'assainissement. Selon la directrice d'Oxfam, Barbara Stocking,
si les pays riches veulent vraiment aider les régions
touchées par le tsunami, ils doivent effacer leurs
dettes et lever les barrières douanières.
Source : Big News Network.com, 26 janvier 2005
Un
quart de l'aide demandée par l'ONU est arrivé
Sur les 997 millions de $ réclamés aux pays
membres par l'ONU, 775 ont été promis et 245
sont arrivés sur les comptes bancaires de l'ONU, a
déclaré un porte-parole de l'ONU à la
BBC.
Recueillement
en Asie un mois après les tsunamis
Minute de silence au Sri Lanka, cérémonies bouddhistes
en Thaïlande: un mois après, l'Asie s'est souvenue
mercredi des tsunamis qui ont fait plus de 280.000 morts ou
disparus, anniversaire qui coïncidait avec la rentrée
des classes dans la province indonésienne dévastée
d'Aceh.
Le 26 décembre, c'est à 09H36 locales (03H36
GMT) que les eaux en furie ont frappé la majorité
des côtes du Sri Lanka, faisant environ 31.000 morts,
un des pires cataclysmes que le monde ait connu. A la même
heure mercredi, les radios et chaînes de télévision
du pays ont appelé à une minute de silence.
Des politiciens et des écoliers ont planté des
arbres et des cérémonies religieuses ont été
tenues en hommage aux victimes.
Parallèlement, la rébellion tamoule a décrété
ce mercredi jour de deuil "national". Les Tigres
de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), mouvement qui
lutte depuis trente ans pour l'autonomie du nord-est de l'île,
a appelé à "partager la peine de nos frères
qui ont perdu leurs proches", selon un communiqué.
En Thaïlande, des bonzes se sont regroupés sur
une plage de la station balnéaire méridionale
de Khao Lak, à l'endroit où a été
tué Bhumi Jensen, le petit-fils, âgé de
21 ans, du roi thaïlandais Bhumibol Adulyadej.
Des experts légistes de l'île de Phuket (sud)
ont allumé des chandelles pour une brève cérémonie
tenue le long d'un "mur du souvenir" construit dans
un nouveau centre moderne d'identification des victimes, où
quelque 1.500 corps doivent être transférés.
C'est dans cette nouvelle installation, conforme aux normes
internationales, que se poursuivra l'opération la plus
vaste jamais réalisée d'identification de dépouilles
après la catastrophe qui a fait 5.388 morts, dont 1.948
étrangers, pour beaucoup des touristes européens.
Jusqu'ici le plus gros des identifications avait lieu dans
un temple bouddhiste transformé en morgue.
En Indonésie, l'anniversaire coïncidait avec la
rentrée des classes dans la province d'Aceh, la plus
touchée par la catastrophe avec 228.429 morts ou disparus.
L'arrivée des élèves était pour
beaucoup synonyme de tristesse, tant les regards se tournaient
vers les chaises vides d'anciens camarades de classe.
Tandis que des centaines de corps continuent d'être
retirés chaque jour des décombres à Aceh,
des écoliers en uniforme bleu et blanc se bouchaient
le nez en passant près des fosses communes.
Dans des tentes ou des salles de classe encore recouvertes
de boue, ils ont tenté de reprendre une vie normale.
"Il s'agit de rétablir la routine, rétablir
la vie", expliquait Gianfranco Rotigliano, du Fonds des
Nations unies pour l'enfance (Unicef).
Malgré la tristesse, une lueur d'espoir se faisait
jour : des ministres du gouvernement indonésien devaient
partir mercredi pour la Finlande pour entamer des négociations
de paix avec la rébellion séparatiste d'Aceh,
où le conflit a fait plus de 12.000 morts depuis 1976.
Les espoirs de paix ont cependant été quelque
peu refroidis par l'annonce de la non-participation du ministre
des Affaires étrangères Hassan Wirayuda, qui
a ainsi voulu marquer que les rebelles ne sont pas reconnus
par Jakarta.
A l'autre bout de l'Asie, l'Inde a écourté son
défilé militaire tenu à l'occasion du
"Republic Day", qui marque la proclamation de la
République indienne, en 1950.
La durée du défilé a été
ramenée à 45 minutes, et non deux heures et
demi comme d'habitude, en raison du tsunami qui a fait plus
de 16.000 morts et disparus présumés morts en
Inde.
Deux organisations internationales, la Croix-Rouge et l'Unicef,
ont décidé de mettre fin à leur collecte
de fonds pour les victimes, après avoir reçu
des sommes records, selon des communiqués publiés
mercredi à Genève.
La Croix-Rouge a reçu 1,4 milliard FS (1,2 md USD),
soit "plus que ce que l'organisation n'a jamais collecté
en aussi peu de temps", selon un porte-parole de la Fédération
internationale des sociétés de Croix-Rouge et
du Croissant Rouge.
Le secrétaire général de la Fédération
internationale des sociétés de Croix-Rouge et
du Croissant-Rouge Markku Niskala a remercié particulièrement
le grand public, qui a versé 85% du total des dons.
"Nous disposons maintenant de suffisamment de fonds pour
planifier nos programmes d'assistance sur 10 ans", a
ajouté le responsable.
La Croix-Rouge porte secours actuellement à plus de
500.000 sinistrés, grâce à un réseau
de 9.000 volontaires et de 300 délégués
expatriés.
De son côté, l'Unicef a indiqué mercredi
qu'elle ne fera "plus de nouvel appel de fonds"
pour les victimes du tsunami.
"Nous avions demandé 144 millions USD, nous avons
reçu 300 millions USD, c'est du jamais vu", a
expliqué le porte-parole Damien Personnaz. Selon lui,
l'Unicef a désormais assez de fonds pour financer ses
projets dans les régions sinistrées pendant
les 6 prochains mois.
Il y a 3 semaines, l'organisation humanitaire français
Médecins sans Frontières (MSF) a été
la première à suspendre sa collecte pour l'aide
d'urgence, estimant avoir reçu suffisamment de fonds,
soit 40 millions d'Euro.
Source : AP, 26 janvier 2005
Sri
Lanka: 40 enfants-soldats recrutés par les Tigres tamouls
depuis le tsunami
La rébellion des Tigres de libération de l'Eelam
tamoul (LTTE) a recruté au moins 40 enfants soldats
au Sri Lanka depuis le tsunami du 26 décembre, a affirmé
mercredi le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef)
à Colombo.
"Nous avons 40 cas de recrutement confirmé d'enfants
depuis le tsunami" par la rébellion tamoule, a
affirmé à Colombo le porte-parole de l'Unicef
Geoffrey Keele. "Nous avions espéré qu'avec
une telle tragédie les LTTE auraient mis fin à
cette pratique. Mais malheureusement non", a-t-il ajouté.
Les LTTE ont recruté trois enfants dans un camp de
rescapés tandis que les autres ont été
enrôlés dans des zones du nord-est sous le contrôle
de la rébellion, selon l'Unicef. Un enfant de 13 ans
fait partie des 22 garçons et 18 jeunes filles recrutés
par les tigres tamouls, la plupart âgés entre
15 et 17 ans.
L'Unicef, impliqué dans un important programme humanitaire
post-tsunami au Sri Lanka, a d'abord évoqué
le cas de 29 enfants avec les LTTE mais le nombre a ensuite
atteint 40, a dit M. Keele qui a dit n'avoir pas eu de réponse
immédiate des rebelles. Les LTTE, qui n'étaient
pas joignables dans l'immédiat pour confirmer ou réfuter
ces allégations, ont vivement démenti à
plusieurs reprises enrôler des mineurs dans leurs rangs.
"Nos responsables ont donné l'ordre de ne pas
enrôler d'enfants. Dans certains cas, des enfants ont
pu mentir sur leur âge", avait assuré mi-janvier
le porte-parole de leur branche politique Daya Master. C'est
quelques jours plus tard que l'Unicef avait émis ses
premiers doutes en parlant de trois, puis finalement un cas
d'enfant recruté par les LTTE, qui pour leur part affirment
fournir nourriture et abri aux enfants démunis. L'organisation
internationale Human Rights Watch (HRW) avait aussi accusé
les LTTE d'accélérer le recrutement d'enfants
soldats en profitant de l'augmentation du nombre d'orphelins
après le raz-de-marée
"Comme les LTTE cherchent à reconstituer leurs
troupes après le tsunami les enfants sont en danger",
avait dit Jo Becker, spécialiste de l'enfance au HRW.
"Les enfants ont toujours été des cibles
mais ceux qui ont perdu leurs habitations ou leurs parents
sont encore plus susceptibles d'être recrutés
par le LTTE", a-t-il ajouté. Début novembre,
HRW avait accusé la rébellion tamoule d'avoir
enrôlé plus de 3.500 adolescents de moins de
18 ans depuis l'entrée en vigueur d'une trêve
signée avec les autorités en février
2002. A l'époque, des responsables de l'Unicef avaient
indiqué que les LTTE avaient libéré environ
1.200 enfants soldats en un an mais que 1.300 garçons
et filles seraient toujours dans les rangs de la guérilla.
Les négociations de paix entre le gouvernement et la
rébellion sont interrompues depuis avril 2003.
Source : AFP, 26 janvier 2005
Derrière
la tragédie du tsunami, une mine d'informations pour
les scientifiques
Le séisme suivi d'un tsunami dans la région
de l'océan Indien, le 26 décembre dernier, a
fourni une mine d'informations aux scientifiques, qui espèrent
s'en servir pour mieux prévenir des tragédies
de ce type.
Ces données "seront d'une grande utilité
pour éviter de futurs désastres", estime
un sismologue du British Geological Survey (BGS), David Booth.
"Cela aidera à identifier les zones vulnérables,
à mettre en place un système d'alerte et à
construire des structures et des brise-lames qui dévient
ou ralentissent la vague avant qu'elle n'atteigne les habitations",
a-t-il dit à l'AFP dans un entretien téléphonique
depuis Edimbourg, en Écosse.
Les séismes de cette ampleur ne se produisent que tous
les 30 ou 40 ans dans cette région. Aussi les informations
les concernant sont rares. Or cette fois-ci, les capteurs
sur Terre ou dans l'espace ont fourni de nombreuses données
sur son déclenchement.
Par ailleurs, des films, des photos et le témoignage
des survivants ont donné des informations utiles sur
l'arrivée de la vague, montrant les rivages et les
bâtiments balayés par les eaux.
D'abord, remarque M. Booth, cela permet de savoir ce qui s'est
passé sur la faille elle-même au large de Sumatra,
parce que le séisme "ne s'est pas produit en un
seul point".
"Elle s'est brisée sur une longueur d'au moins
400 km. Cela a commencé en face des côtes de
Sumatra et s'est propagé vers le nord à environ
2 km/s" avec un "mouvement d'élévation
du fond de l'océan, à peu près vers le
nord", poursuit-il. "Il s'est élevé
simplement de quelques mètres, mais avec toute l'eau
au-dessus, il y a eu un dégagement massif d'énergie",
explique-t-il.
Par chance pour les scientifiques, deux heures après
le départ de la vague meurtrière, des satellites
américano-français, TOPEX/Poseidon et Jason-1,
passaient au-dessus de la zone. Ils ont pris des mesures radar
de la surface de l'océan, sur une bande de quelque
3.000 km à partir de la Baie du Bengale, juste au moment
où le tsunami atteignait de Sri Lanka et l'Inde, selon
la revue britannique New Scientist.
Ils ont ainsi pu voir quelque chose d'unique : deux vagues
d'une taille maximum de 50 cm, distante l'une de l'autre de
500 à 800 km. Entre les deux, des plus petites vagues
séparées de 100 à 200 km.
Cette première observation jamais faite d'un tsunami
en train de se propager donne des indications très
importantes sur l'énergie libérée et
sur la manière dont le phénomène se déplace,
ralentissant ou changeant de direction selon les fonds marins
rencontrés.
Une vague de 50 cm peut paraître minuscule, mais ce
n'était que la crête d'une masse d'eau en déplacement
d'un millier de mètres de profondeur. Aussi, quand
elle est entrée en collision avec le plateau continental,
cette force a commencé à prendre de la hauteur
et c'est un mur d'eau qui s'est abattu sur les rivages. Cela
a permis de constater quelles zones étaient vulnérables
aux grandes vagues.
En traduisant ces données en modèles informatiques,
les scientifiques devraient pouvoir fournir un instrument
essentiel aux concepteurs du futur système d'alerte
aux tsunamis dans l'océan Indien actuellement en discussion.
Une autre leçon tirée du tsunami du 26 décembre
est l'importance des obstacles naturels, souvent disparus
devant les structures touristiques ou industrielles. Les récifs
de coraux jouent le rôle de brise-lames naturels et
la mangrove est un amortisseur naturel", a souligné
un responsable du groupe de défense de l'environnement,
Simon Cripps
Près d'un Français sur deux a donné
pour l'Asie, selon un sondage
Près d'un Français sur deux (46,1%) a fait un
don pour les victimes du violent séisme qui a frappé
une partie de l'Asie le 26 décembre dernier, selon
un sondage du Centre d'étude et de recherche sur la
philanthropie (Cerphi) publié mercredi dans "La
Croix".
Au total, 46,1% des personnes interrogées ont fait
un don à une association humanitaire au profit des
victimes du tsunami dans l'Océan indien, tandis que
53,9% n'ont rien donné. Or, rappelle le quotidien,
on évalue généralement la part des donateurs
réguliers (qui donnent au moins une fois par an) à
un tiers de la population.
Par ailleurs, 11% des Français qui ont donné
pour l'Asie n'avaient jusque-là jamais fait le moindre
don. Parmi eux, près de 42% se disent décidés
à renouveler leur geste de générosité,
même en dehors d'événements à caractère
exceptionnel.
Enfin, 59,2% des donateurs pour l'Asie ne seraient pas "choqués"
que l'argent versé soit utilisé pour d'autres
missions ou d'autres pays si l'association le juge nécessaire,
contre 40,8% qui pensent le contraire.
Ce sondage, commandé par Non Profit, la filiale de
la société de conseil TBWA/Corporate, a été
réalisé par téléphone du 14 au
17 janvier auprès d'un échantillon de 1.000
personnes âgées de 15 ans et plus, selon la méthode
des quotas.
Source : AP, 26 janvier 2005
Tsunami,
jour 32 - 26 janvier 2005
Banda
Aceh : après l’eau, le feu
Nouveau coup dur pour Banda Aceh. Un incendie faisait rage
mardi dans la ville indonésienne déjà
meurtrie par le tsunami du 26 décembre, des vents violents
attisant les flammes dans une zone jonchée de débris
s'étendant sur au moins trois kilomètres.
Les flammes s'approchaient d'un générateur de
courant, faisant craindre une explosion de la machine. Banda
Aceh est le chef lieu de la province indonésienne d'Aceh,
région la plus touchée par les raz-de-marée.
L'incendie a commencé lundi soir et pourrait avoir
été causé par des habitants brûlant
des détritus. Les pompiers sur place ont indiqué
qu'ils étaient à court d'eau. A un endroit,
des débris ont empêché trois camions de
pompiers de s'approcher à moins de 200 mètres
du sinistre.
Selon les autorités, aucun habitant ne vivait dans
la zone de l'incendie, qui avait été dévastée
par les vagues du tsunami et est couverte d'un amas de détritus
de trois mètres de haut. Le raz-de-marée avait
tué 40.000 habitants dans la ville.
Source : AP, 25 janvier 2005
Le
pouvoir et l'armée rivalisent à Aceh
Le
président Yudhoyono entend profiter de l'après-tsunami
pour régler le conflit séparatiste, ce qui n'arrange
pas les militaires
par
François Hauter , Le Figaro, 25 janvier 2005
La bataille pour le contrôle de l'aide internationale
est engagée en Indonésie. Elle oppose d'un côté
l'état-major de l'armée nationale (TNI), qui
veut se retrouver seul maître de la province d'Aceh.
Et, de l'autre, le gouvernement de Jakarta, qui souhaite régler
pacifiquement un vieux conflit armé dans cette région.
Pour pouvoir attirer les investisseurs internationaux, le
nouveau président Susilo Bambang Yudhoyono espère
améliorer la réputation de son pays –
archipel de 210 millions d'habitants, grand comme la moitié
des États-Unis, constitué de 13 000 îles,
dont 6 000 sont habitées. Le chef de l'État,
élu en octobre dernier pour cinq ans, joue son mandat
dans les trois mois à venir : l'Indonésie, déjà
déconsidérée auprès de ses bailleurs
de fonds, ne pourra pas se remettre d'un pillage des secours
aux sinistrés de l'Aceh.
Les militaires indonésiens, pour leur part, n'entendent
pas se laisser déposséder de la province ravagée
par le tsunami. Depuis ce week-end, ils poussent vers la porte
les armées étrangères qui sont venues
prêter main forte à l'Indonésie. Les troupes
de Singapour et de Malaisie, qui étaient avec les Américains
au cœur du dispositif logistique de la distribution des
vivres aux victimes du tsunami, ont commencé à
rapatrier hommes et matériels. Les Américains
se préparent à les suivre. L'armée indonésienne
veut être tranquille à Banda Aceh et contrôler
seule la distribution des secours : pas une seule caisse de
médicaments ou de nourriture ne doit tomber entre les
mains des rebelles indépendantistes du Mouvement de
libération d'Aceh (GAM).
Mais, au grand dam de la plupart des officiers supérieurs,
le président Yudhoyono, a accepté vendredi dernier
d'ouvrir des négociations de paix avec le GAM à
la fin du mois à Helsinki.
C'est la principale conséquence politique du tsunami
du 26 décembre 2004, qui a ravagé cette province.
La guerre entre la TNI et le GAM y a fait plus de 12 000 victimes
depuis 1974.
Le tsunami, avec l'ouverture soudaine de la région
d'Aceh à 15 000 militaires internationaux, à
4 500 membres d'ONG et aux caméras du monde entier,
avec surtout l'afflux d'une aide internationale considérable
(les secours d'urgence actuels + 1,7 milliard de dollars récemment
promis par 30 pays pour la reconstruction de l'Aceh), donne
les moyens au chef de l'État indonésien de régler
ce conflit vieux de trente ans. Il lui permet également
de mener à Jakarta des réformes anticorruption
qui permettront d'attirer les investisseurs internationaux
dont le pays a besoin pour moderniser ses infrastructures.
Le président Yudhoyono, un général à
la retraite de 49 ans, formé aux États-Unis,
très populaire pour son honnêteté, connaît
bien les arcanes du pouvoir en Indonésie (il a été
deux fois ministre). Au moment de son élection en octobre
2004, il s'était donné pour priorité
d'éradiquer la corruption généralisée
dans l'archipel, et en particulier au sein de son armée.
Les officiers de la TNI puisent aujourd'hui au moins la moitié
de leurs revenus en dehors du budget de l'État. Le
gouvernement veut obliger les militaires à dévoiler
les sources de leurs revenus extrabudgétaires.
Ils les trouvent particulièrement dans la région
d'Aceh (4,2 millions d'habitants), riche en pétrole
et en bois. Toutes les élites d'Aceh sont corrompues.
Le gouverneur, Abdullah Puteh, est en prison, pour s'être
offert un hélicoptère personnel avec l'argent
de son administration. L'Aceh est un fief de l'armée,
qui y organise des trafics depuis l'île de Sabang, et
qui y protège moyennant finances les installations
pétrolières du groupe Exxon. Si le GAM dépose
les armes, – et ce n'est qu'un exemple parmi d'autres
–, la TNI perdra ce contrat.
Les intérêts en jeu sont considérables
: ils vont maintenant de la revente des secours alimentaires
par les soldats (c'est déjà le cas à
Banda Aceh), à l'atelier de fabrication de sacs mortuaires
monté par un capitaine, et plus durablement à
la reconstruction de la région par des entreprises
de travaux publics dans lesquels les généraux
détiennent des participations.
Parce que le danger de voir l'armée confisquer une
large partie des secours internationaux est bien réel,
parce que la TNI n'arrive – ou ne veut arriver –
à rien contre le GAM, Jakarta veut maintenant crever
l'abcès. «La résolution du conflit ne
passe plus par les armes, mais par des investissements dans
la province», assure un haut fonctionnaire indonésien.
La négociation d'Helsinki viserait à atteindre
un compromis délicat en accordant à la province
une large autonomie, déjà promise, mais jamais
appliquée, à transformer un GAM désarmé
en parti politique, et au retrait de la TNI, qui serait remplacé
par une police de l'Aceh obéissant à un gouvernement
local, élu. La province resterait indonésienne,
soumise à Jakarta en matière de politique étrangère,
de défense extérieure et du paiement de certains
impôts.
Pour faire avaler cette potion à ses militaires, le
chef de l'État pourrait accélérer l'intégration
de l'Indonésie dans un système de défense
régional déjà proposé par l'Australie
et les États-Unis. Cette intégration devrait
nécessairement être précédée
par la levée de l'embargo américain sur les
ventes de matériels militaires à l'Indonésie.
Le
tsunami n’aura pas d’impact sur le le capitalisme
asiatique, puisque seuls les pauvres ont été
frappés
Les raz-de-marée du 26 décembre auront des répercussions
moins dramatiques sur les économies de l'Asie que d'autres
crises récentes, comme celle provoquée par la
pneumonie atypique en 2003, estiment des experts. Un mois
après la catastrophe, les objectifs de croissance de
la plupart des pays touchés demeurent inchangés.
Les centres d'affaires n'ont pas été affectés
et les industries nationales continuent de fonctionner normalement.
Cette situation contraste avec les effets de l'épidémie
de SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère)
en 2003 en Asie, qui n'avait provoqué "que"
774 décès, contre plus de 280.000 morts ou présumés
morts pour les tsunamis, mais dont l'impact sur les économies
régionales avait été beaucoup plus fort.
Une véritable psychose s'était emparée
des voyageurs, qui avaient déserté cette zone,
provoquant une récession économique dans les
pays touchés par la maladie.
Pourtant, au rang des pires catastrophes naturelles des 100
dernières années, les tsunamis n'ont jusqu'alors
pas provoqué de peur similaire.
"Aussi dévastateur que ce désastre a pu
être sur les habitants des zones frappées, la
résistance de l'Asie aux chocs extérieurs va
jouer un rôle en minimisant l'impact qu'aura la catastrophe
sur la croissance économique de l'ensemble de la région",
a déclaré Ifzal Ali, économiste à
la Banque asiatique de développement (BAD).
"C'est un événement profondément
tragique pour la région et pour les millions de personnes
qui souffrent. Mais les économies des pays touchés,
à l'exception du Sri Lanka et des Maldives, devraient
s'en sortir avec un minimum de dégâts".
La quasi-totalité des 1.330 kilomètres de côtes
du Sri Lanka a été touchée par les vagues
géantes du lendemain de Noël, qui ont tué
dans ce pays près de 31.000 personnes, dont 107 touristes
étrangers.
Or, le tourisme est la quatrième source de revenus
au Sri Lanka, ce qui devrait, selon la BAD, amputer d'un point
la croissance économique de l'île cette année,
à 5%.
En Indonésie, en Inde et en Thaïlande, les dévastations
ont été largement confinées aux zones
rurales, épargnant les centres urbains et les pôles
industriels, qui orientent la croissance économique,
a indiqué la Banque à Manille.
Par exemple, à Medan, capitale effervescente de la
province de Sumatra-Nord, en Indonésie, les affaires
continuent comme si de rien n'était, et malgré
la proximité de la province d'Aceh, quasiment rasée
par les tsunamis.
La Banque mondiale a indiqué que les raz-de-marée
pourraient obérer la croissance indonésienne
en 2005 de 0,4 point, à 5%, mais la banque d'investissement
américaine Morgan Stanley a maintenu ses prévisions
à 4,5%.
De même, Morgan Stanley n'a que légèrement
revu à la baisse ses prévisions de croissance
pour la Thaïlande, de 6% à 5,7%, en raison de
l'impact attendu de la catastrophe sur le tourisme, mais elle
a maintenu sa projection d'une croissance de 4,8% pour la
Malaisie.
La BAD a d'autre part estimé que l'impact économique
des tsunamis en Inde, au Bangladesh et en Birmanie devrait
également être minime.
L'injection de milliards de dollars d'aide pour la reconstruction
devrait par ailleurs être un moteur déterminant
de l'activité économique intérieure des
pays sinistrés, ont également souligné
des économistes.
Source : AFP, 25 janvier 2005
Tsunami-business
SAS
présente la facture
La
compagnie Scandinavian Airlines System (SAS) a présenté
une facture de 3,1 millions d'Euro (28 millions de couronnes
suédoises) aux gouvernements du Danemark, de la Norvège
et de la Finlande pour le pont aérien mis en place
pendant dix jours afin de rapatrier des citoyens scandinaves
de Thaïlande après le tsunami du 26 décembre.
La SAS avait organisé 23 vols reliant Bangkok à
Copenhague, Oslo et Stockholm entre le 26 décembre
et le 4 janvier afin de transporter quelque 3.600 blessés
et autres victimes ainsi que des passagers ayant réservé
leur billet. En outre, "nous avons dû détour