05/10/04
- Près d'1 million d'Euro de l'Union Européenne pour lutter
contre le flux migratoire
L'Union européenne (UE) a dégagé environ 600 millions
de francs CFA (un million d'euros) destinés à développer
le système d'asile de la Mauritanie de l'Algérie du Maroc,
de la Tunisie et de la Libye.
Ce financement, décidé par les ministres de l'Intérieur
de l'UE, permettra à ces pays frontaliers de l'Europe de faire
face aux flux migratoires qui partent d'Afrique vers les pays européens,
en créant une zone tampon entre les deux continents, rapporte
la derniére édition du quotidien "La Republica''.
L'idée de créer des "centre de transit'' à
partir des pays frontaliers de l'Europe permettra aux pays concernés
de traiter les demandes des candidats à l'asile ou à l'émigration
en Europe, a expliqué le ministre Allemand, Otto Schily.
M. Schily présentera son projet dans les détails lors
de la prochaine réunion du G5 (Italie, Allemagne, France, Grande-Bretagne
et Espagne), prévue les 17 et 18 octobre prochains à Firenze
(Italie).
Pour Antonio Vitorino, Commissaire européen chargé de
la Justice, ce financement permettra aux pays Africains du Nord d'améliorer
leurs "capacités administratives". Cette opération
sera conduite de commun accord avec le commissaire des Nations-unies
pour les réfugies.
L'émigration africaine vers l'Europe est "essentiellement
économique'', a dit pour sa part Dominique De Villepin, contestant
l'idée selon laquelle les Africains en partance pour l'Europe
soient des "réfugies politiques''.
"C'est une erreur de mettre sur pied des centres d'accueil'', a
ajouté De Villepin qui a cependant adhéré à
la reconduite des personnes aux frontières. Il préconise
également de "soigner'' les causes de ce fléau, de
concert avec les pays intéresses.
Source : Agence de presse sénégalaise, 3 octobre 2004
02/10/04
- Les 25 débattent de la création de camps de réfugiés
hors de l'Union pour trier les migrants
par Thomas Ferenczi, Le Monde, 1er octobre 2004
Défendu par Londres, Berlin et Rome, le projet, encore flou,
concerne notamment la Libye et l'Ukraine. Ses adversaires redoutent
qu'il ouvre la voie à une situation de non-droit.
Bruxelles de notre bureau européen - Pour limiter l'afflux d'immigrés
et de réfugiés aux frontières de l'Europe, plusieurs
pays, dont l'Allemagne, envisagent la création, hors de l'Union,
de centres d'accueil qui permettraient de faire le tri entre les demandes
justifiées et celles qui ne le sont pas. Aucune proposition
concrète n'a encore été présentée,
mais l'idée fait son chemin, suscitant des inquiétudes
parmi ceux qui redoutent une diminution des protections juridiques pour
les migrants.
Le projet reste flou. Le nom même donné à ces futurs
centres reflète l'incertitude. S'agira-t-il, comme on le dit
quelquefois, de "camps de rétention" ? Ou faut-il parler,
comme d'autres le recommandent, de "portails d'immigration"
? La première formulation, qui implique l'idée d'enfermement,
a des connotations négatives. La seconde, qui suggère
la perspective d'un franchissement, est plus positive. Les ministres
européens de l'intérieur et de la justice, réunis
en conseil informel à La Haye, les jeudi 30 septembre et vendredi
1er octobre, devront préciser un concept. Ceux d'entre eux qui
représentent les pays du G5 (Allemagne, Espagne, France, Grande-Bretagne
et Italie) se retrouveront sur le même sujet à Florence,
à la mi-octobre.
La Grande-Bretagne avait ouvert le débat en mars 2003, lorsque
Tony Blair a demandé que le Conseil européen débatte
d'une "meilleure gestion de la procédure d'asile".
Le premier ministre britannique estimait que le régime d'asile
avait perdu une bonne part de sa crédibilité, notamment
parce que la majorité des demandeurs d'asile ne remplissaient
pas les critères voulus. Il suggérait la mise en place
de "centres de transit", dans des pays tiers, où soient
traités les dossiers des demandeurs.Système d’asile
débordé
Même les candidats à l'asile déjà parvenus
en Europe pourraient y être transférés. La proposition
de M. Blair, destinée à désengorger un système
d'asile débordé par l'excès des demandes, avait
été accueillie avec réserve par la Commission et
avec hostilité par les organisations de défense des droits
de l'homme, avant d'être rejetée par le Conseil européen
de Thessalonique. En juillet, au lendemain d'un nouveau débarquement
de naufragés africains en Sicile, le ministre allemand de l'intérieur,
Otto Schily, l'a relancée d'une manière informelle devant
ses collègues. Le ministre italien des affaires européennes
Rocco Buttiglione, futur commissaire européen à la justice,
la liberté et la sécurité, a repris l'idée
à son compte.
L'Italie a déjà eu des conversations avancées avec
la Libye, qui vient d'obtenir en échange de sa coopération
la levée de l'embargo dont elle était l'objet de la part
de l'Union européenne en raison de ses sympathies passées
pour les mouvements terroristes. Les pays Baltes et l'Autriche suggèrent
d'ouvrir aussi des camps en Ukraine pour contrôler les demandeurs
d'asile venant de Russie, ce qui provoque l'agacement de Kiev. "Toute
discussion publique à ce sujet est inappropriée tant qu'il
n'y a pas de discussions officielles avec le gouvernement", a réagi
le ministère des affaires étrangères, mercredi
29 septembre, dans une déclaration citée par le Herald
Tribune.
Approuvée par la Grande-Bretagne, l'Allemagne et l'Italie, l'idée
est combattue notamment par la Suède et la France. Elle est aussi
critiquée, au Parlement européen, par Jean-Louis Bourlanges,
président (UDF) de la commission des libertés civiles,
de la justice et des affaires intérieures, qui s'interroge sur
les conditions auxquelles seraient soumis les candidats à l'immigration.
"Il ne serait pas acceptable que ces conditions soient carcérales",
dit-il.
M. Bourlanges affirme également que "la gestion de ces centres
ne peut pas être confiée à des Etats qui ne répondraient
pas aux critères de l'Union européenne en matière
de droits de l'homme". La Fédération internationale
des ligues des droits de l'homme (FIDH) et l'Association européenne
de défense des droits de l'homme (FIDH-AE) déclarent s'opposer
à toute initiative ayant pour effet de "décharger
les Etats de l'Union européenne des responsabilités qui
leur incombent en vertu de la convention de Genève" et de
"les rejeter sur des pays qui accueillent déjà un
bien plus grand nombre de réfugiés et de demandeurs d'asile".
Elles soulignent que la Libye, que l'Italie se proposent d'aider à
construire de tels camps, est "responsable de graves violations
des droits de l'homme".
Les USA prennent les données biométriques des
Européens
Les Etats-Unis et l'Union européenne se sont engagés jeudi
à assurer la plus grande liberté de circulation possible
entre les deux rives de l'Atlantique le jour même où les
autorités américaines commençaient à prendre
les données biométriques des Européens.
Les ministres de la Justice de l'UE ont rencontré leur homologue
américain John Ashcroft à Scheveningen (Pays-Bas) pour
faire le point sur leur coopération dans la lutte contre le terrorisme
trois ans après les attentats du 11 septembre 2001.
Cette réunion coïncidait avec l'entrée en vigueur
des nouvelles mesures de précaution américaines pour les
voyageurs étrangers pénétrant sur le territoire
des Etats-Unis.
Les citoyens des pays européens qui bénéficient
actuellement d'une exemption de visa d'entrée dans ce pays, comme
la France et la Belgique, continueront à profiter de cette mesure
qui leur permet d'éviter une visite au consulat américain.
Mais ils devront accepter de laisser leurs "données biométriques"
- une photo numérique et les empreintes digitales - à
leur arrivée dans les aéroports et les ports américains
en échange de cette concession des Etats-Unis.
Seuls 27 Etats dans le monde en bénéficieront, mais pas
certains pays européens comme la Grèce et la Pologne,
ce qui a suscité des tensions dans les relations bilatérales
avec Washington.
Mais l'UE et les Etats-Unis ont célébré leur unité
de vues.
"C'est un projet commun pour que les liaisons entre l'Union européenne
et les Etats-Unis restent ouvertes", a déclaré Piet-Hein
Donner, ministre néerlandais de la Justice, dont le pays assume
la présidence tournante des Vingt-Cinq.
"Nous n'avons aucun avantage à limiter le nombre de personnes
qui viennent aux Etats-Unis", a dit Ashcroft.
Les autorités américaines ont d'ailleurs octroyé
un an de plus aux Européens, jusqu'en octobre 2005, pour qu'ils
mettent en place des passeports contenant des données biométriques,
un délai qui semble encore trop court pour l'UE.
"Le terrorisme s'adapte et nous devons nous adapter", a estimé
Ashcroft en insistant sur la qualité de la coopération
entre les Etats-Unis et l'UE sur ce dossier.
Washington a ainsi décidé d'envoyer auprès d'Europol,
l'embryon de police européenne basé à La Haye,
un officier de liaison du FBI. Deux officiers de liaison européens
sont déjà basés auprès du FBI à Washington
depuis un an.
Des accords d'extradition et d'assistance juridique ont également
été conclus entre les deux parties. John Ashcroft et Piet-Hein
Donner ont d'ailleurs signé mercredi un accord bilatéral
de mise en oeuvre concrète de ces instruments.
En pleine période électorale pour le scrutin présidentiel
du 2 novembre, le ministre américain de la Justice a insisté
sur le degré d'entente entre les deux rives de l'Atlantique afin
de démontrer que George Bush, souvent accusé d'unilatéralisme,
dispose de nombreux alliés dans le monde et en Europe.
Mais les Etats-Unis mettent l'accent sur la "guerre contre le terrorisme",
tandis que les Européens insistent sur le nécessaire respect
des libertés, notamment lorsqu'il s'agit de protéger les
données personnelles.
"Franchement, l'existence de divergences est l'essence même
de la liberté", a souligné Ashcroft, qui a annoncé
par ailleurs que l'administration fédérale ferait sans
doute appel du jugement rendu mercredi par un tribunal de district sanctionnant
l'anticonstitutionnalité d'une partie du Patriot Act.
"Sans connaître les attendus de ce jugement, je ne peux vous
l'assurer, mais il est pratiquement certain que nous ferons appel",
a-t-il dit.
Le juge Victor Marrero a estimé mercredi que certains pouvoirs
de surveillance accordés au FBI dans le cadre du Patriot Act,
voté après les attentats, constituaient une atteinte aux
libertés civiles.
Source : Reuters, 30 septembre 2004
01/10/04
- L'encadrement du droit d'asile inquiète les
ONG
"Une 'liste blanche' concernant dix pays dont les ressortissants
se verront automatiquement refuser le droit d’asile doit être
adoptée d’ici décembre 2004 par l’Union
européenne", relève The Guardian. Cette liste introduira
dans la politique d’immigration de l’Union la notion de
"pays sûr", pays dont les ressortissants ne pourront
plus demander l’asile car cette demande sera présumée
infondée. "Le concept, inspiré du droit anglais,
constituera la pierre angulaire de la future politique européenne
en matière d’asile", précise le quotidien.
Sept pays africains sont concernés, dont le Ghana, le Mali, le
Sénégal, le Bénin et le Botswana. Le Chili, le
Costa Rica et l’Uruguay doivent eux aussi faire partie de cette
liste. D’après The Guardian , "Les 25 Etats européens
ont quelques semaines pour se prononcer, sur la base d’évaluations
fournies par le département d’Etat américain et
Amnesty International."
Selon l’organisation Statewatch, il existe certains désaccords
entre pays membres et avec la Commission, notamment au sujet du Mali.
"Seuls 10 Etats ont souhaité qu’il figure sur
la liste, passant outre à la dénonciation du servage,
du trafic d’enfants et de la pratique de l’excision",
indique le quotidien. "La liste devra être approuvée
à l’unanimité par les 25, et le Parlement n’aura
qu’un rôle consultatif. […] Une fois qu’elle
sera établie, aucun Etat ne pourra la modifier sans le consentement
de ses partenaires, même sur la base d’une violation des
droits de l’homme".
Source : Courrier international, 29 septembre 2004
19/08/04
- Union
Européenne : un camp de demandeurs d'asile en Afrique du Nord
par Rami Narimene, La Tribune, Alger, 17 Août 2004
Le futur commissaire européen italien Rocco Buttiglione, chargé
de la Justice, de la Liberté et de la Sécurité,
a qualifié hier de «bonne idée» la création
en Afrique du Nord de camps de candidats à l'asile en Union européenne,
suggérée par le ministre allemand de l'Intérieur
Otto Schily.
Cette idée avait été évoquée jeudi
dernier à Rome par le ministre allemand avec son homologue italien
Giuseppe Pisanu, qui l'avait accueillie favorablement. Les deux pays
veulent la présenter en octobre au G5, regroupant les ministres
de l'Intérieur d'Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Espagne
et France, pour qu'elle soit ensuite discutée entre les 25. Beaucoup
de réfugiés pourraient «tout à fait légalement»
se rendre en Europe, «si seulement ils savaient comment»,
a-t-il dit sur les ondes de la radio allemande Deutschlandfunk, soulignant
que ces centres pourraient fournir des informations précieuses
aux candidats à l'asile. L'ancien ministre des Affaires européennes
de Silvio Berlusconi a aussi estimé que de tels camps pourraient
dissuader d'éventuels fauteurs de troubles.
M. Buttiglione a observé que ce système ne pouvait fonctionner
qu'avec l'approbation des pays du Maghreb concernés. Par ailleurs,
M. Buttiglione, qui prendra ses fonctions en novembre, a demandé
une répartition des charges entre les 25 pour la surveillance
des frontières de l'UE. Certains des pays ont des kilomètres
à sécuriser, tandis que d'autres n'en ont pas, a-t-il
fait valoir. M. Schily avait expliqué qu'il fallait envisager
«la création d'une institution européenne, qui,
hors des frontières de l'Europe, recevrait et examinerait les
demandes d'asile», «cette institution étant ensuite
chargée de trouver un pays d'accueil -dans l'UE ou un autre pays-
pour les personnes dont le statut de réfugié a été
reconnu». Hier, 162 réfugiés sont arrivés
sur l'île italienne de Lampedusa, à bord d'une embarcation
de fortune de 14 mètres, en provenance apparemment d'Afrique
du Nord.
15/08/04
- Rome
et Berlin favorables à des "portails" d'immigration
L'Italie et l'Allemagne ont proposé jeudi la mise en place de "portails" d'immigration
hors du territoire européen pour contribuer à réguler l'afflux
de candidats africains à l'émigration.
Selon cette formule, rendue publique lors d'une réunion des ministres
de l'Intérieur des deux pays à Lucques, en Toscane, ces "portails" verraient
le jour dans des pays dont les candidats à l'émigration sont originaires
ou bien par lesquels ils transitent, comme par exemple la Libye.
" Ce ne serait pas une solution immédiate", a admis le ministre
italien, Giuseppe Pisanu, qui a annoncé qu'il allait soumettre cette idée
avec son collègue allemand à ses pairs européens.
" Il s'agit de prendre des mesures d'urgence pour traiter de la situation
en Méditerranée parce qu'on ne peut pas laisser les gens se noyer",
a commenté Otto Schilly, ministre allemand de l'Intérieur.
Des dizaines de milliers de candidats à l'émigration en Europe,
originaires pour la plupart d'Afrique, risquent chaque année leur vie
en tentant de gagner les rivages italiens, porte d'entrée dans l'"Eldorado" européen.
Jeudi, un haut responsable du ministère italien de l'Intérieur
s'est envolé pour Tripoli pour élaborer un programme de formation
de policiers libyens de manière à ce que les clandestins puissent être
renvoyés chez eux avant de mettre le cap sur l'Europe.
La Libye, proche des côtes italiennes, est un important pays de transit
pour les Africains désireux de gagner l'Europe.
Source : Reuters, 13 août 2004
23/06/04
- Les
marchands de canon, la presse et l'europe
Voilà à quoi
sert Bruxelles, à aider la presse française à passer
sous contrôle intégral des marchands de canon et du
patron des patrons.
Est-ce
que vous croyez réellement que les marchands de canon ont
un "coup de coeur" comme le dit Dassault à Gala....
Ou vous croyez que cela à quelques chose à voir avec
la future armée européenne, que l'on va bien sur nous
présenter comme l'instrument de notre "indépendance" face
aux USA, alors qu'elle est entiérement bâtie en complémentarité OTAN
oblige...
Si vous
ajoutez publicis dont un des principaux clients est l'armée
nord-américaine... la "criminalisation" des pays
contre lesquels se prépare une expédition néo-coloniale
sous prétexte de "démocratie" et de "droit
d'ingérence" a encore des beaux jours.... Sans parler
des privatisations, des pressions sur les dépenses sociales,
que l'on va nous présenter comme des réformes indispensables
pour que les budgets soient consacrés à l'armement.
Les deux
piliers de "la démocratie" occidentale, celui au
nom duquel nous prétendons juger moralement la planète
sont le parlementarisme et l'indépendance de la presse. Le
parlement européen n'a aucun pouvoir et la presse, l'édition
sont totalement sous contrôle des marchands de canon.
Durant
la même période, un instrument de la démocratie
qu'est le syndicalisme est attaqué de toute part, les dirigeants
syndicaux sont criminalisés...
Avant
de nous occuper de la "démocratie" chez les autres,
battons nous pour la notre...
Danielle Bleitrach
ONDE )
Bruxelles
autorise le rachat de la Socpresse par Dassault (LE MONDE
)
L'industriel
de l'armement va passer de 30 % à 82 % dans le capital de
la société éditrice du "Figaro". De
nombreux observateurs estiment que cette prise de contrôle
pourrait être le prélude à une recomposition
du secteur, plusieurs titres étant susceptibles d'être
vendus.
La Commission
européenne a donné, sans surprise, jeudi 17 juin, son
feu vert au rachat, par le groupe industriel Marcel Dassault (GIMD),
de la Socpresse, éditeur notamment du Figaro et de L'Express,
qui appartenait à la famille Hersant. Le groupe Dassault va
ainsi porter sa participation de 30 % à 82 %, conformément à l'annonce
qui avait été faite le 11 mars. OAS_AD('Middle');
Agé de
79 ans, Serge Dassault, PDG de GIMD, et par ailleurs maire UMP de
Corbeil-Essonnes (Essonne), réalise là un vieux rêve. "Je
souhaite posséder un journal ou un hebdomadaire pour exprimer
mon opinion", déclarait-il en 1997. L'industriel de l'aéronautique,
déjà propriétaire de l'hebdomadaire Valeurs
actuelles, met la main sur les quelque 70 titres de l'ancien empire
Hersant, dont les fleurons sont Le Figaro, L'Express, La Voix du
Nord, Le Progrès. Avec près de 6 millions d'exemplaires
et un chiffre d'affaires estimé entre 1,2 et 1,5 milliard
d'euros, le nouvel ensemble est l'un des leaders de la presse en
France.
M. Dassault
rejoint ainsi, au sommet de la presse française, son ancien
rival de l'aéronautique, le groupe Lagardère, qui possède,
lui, Hachette Filipacchi Médias (HFM, premier éditeur
français de magazines, avec notamment Paris-Match et Elle).
Il confirme le poids pris pas les industriels dans le monde des médias
en France (Bernard Arnault, Martin Bouygues, François Pinault
ont également investi ce secteur).
"Ce
rachat est un coup de cour", confiait M. Dassault dans Gala
du 16 juin, qui lui consacre quatre pages. Un coup de cour à 1,2
milliard d'euros. Ce n'est pas un souci pour celui qui serait, selon
le magazine Forbes, la troisième fortune de France (avec 5,2
milliards d'euros de patrimoine).
RECOMPOSITION
Une page
se tourne dans la recomposition du paysage de la presse française.
Cette opération ouvre la voie à de nombreuses spéculations
sur le redécoupage éventuel de la Socpresse, notamment
dans ses trois pôles de presse quotidienne régionale. "M.
Dassault veut avoir une vue précise sur les comptes des différentes
entités de son groupe avant de décider de vendre ou
non", temporise un proche de l'industriel.
L'autorisation
de Bruxelles est conditionnée à la vente de l'hebdomadaire
La Vie financière, propriété du groupe Express-Expansion
(Le Monde du 11 juin). Saisi fin avril, Mario Monti, le commissaire à la
concurrence, a estimé que cette opération posait des
problèmes de concurrence en France sur le marché de
la vente d'espaces publicitaires dans la presse magazine économique
et financière. Pour échapper à l'ouverture d'une
enquête approfondie, qui aurait retardé de plusieurs
mois le bouclage de l'opération, le groupe Dassault, qui possède
déjà un hebdomadaire financier, Le Journal des finances,
a proposé de céder La Vie financière, qui pèse
le plus lourd en chiffre d'affaires. Le groupe avait indiqué aux
salariés de cet hebdomadaire que c'est Bruxelles qui avait
imposé cette vente, ce que conteste la Commission. Les services
de M. Monti veulent notamment s'assurer que le futur acquéreur
du titre dispose d'une "crédibilité suffisante" dans
le monde de la presse, afin de maintenir une concurrence effective.
A la Commission, cependant, personne ne s'offusque officiellement
qu'un groupe industriel diversifié, très présent
dans l'armement et dépendant de contrats publics, mette la
main sur l'un des poids lourds de la presse française. L'attitude
des autorités de la concurrence française étonne, à la
Commission : celles-ci n'ont pas demandé, comme elles en avaient
la possibilité par l'intermédiaire du ministère
des finances, le rapatriement du dossier en France, contrairement à ce
qu'elles ont fait, par exemple, pour le mariage en cours des casinos
Barrière et Accor, courant mai.
GARDE
RAPPROCHÉE
"La
coïncidence est troublante : cela démontre que les autorités
françaises se préoccupent davantage, en termes de concurrence,
des intérêts des joueurs de machines à sous que
de celui des lecteurs de journaux financiers", ironise un expert.
Une
fois ce feu vert obtenu, un conseil de surveillance devrait se tenir
mardi 22 juin. Serge Dassault, son fils Olivier Dassault (président
de Dassault communication, qui édite notamment Valeurs actuelles,
et par ailleurs député UMP des Hauts-de-Seine) et Jean-Paul
Bechter, directeur délégué auprès de
Serge Dassault, y sont présents, depuis l'entrée du
groupe dans le capital de la Socpresse, en janvier 2002.
Serge
Dassault devrait être nommé président. Les six
membres de la famille Hersant, Philippe, qui était président
du conseil de surveillance, Isabelle, Michel et Michèle Hersant,
Laurent Guthmann (le mari d'une petite-fille de Robert Hersant) et
Joëlle Huertas sortiront. Ils devraient être remplacés
par la garde rapprochée de l'avionneur, Rudi Roussillon, conseiller
de Serge Dassault, et Philippe Hustache, directeur général
de GIMD et chargé des finances.
Seule
la petite-fille de Robert Hersant, Aude Jacques-Ruettard, a souhaité conserver
ses 13% du capital de la Socpresse. Les 5 % restants sont entre les
mains du management, dont Yves de Chaisemartin, président
du directoire de la Socpresse, Michel Sénamaud, administrateur
général du Figaro, et Cyrille Duval, patron de Publiprint,
la régie publicitaire du groupe, présents au directoire.
Les rumeurs
sont de plus en plus insistantes sur le départ de M. de Chaisemartin,
jusqu'ici démenti par le groupe Dassault. Le PDG est engagé dans
une difficile négociation avec le Syndicat du livre pour le
compte du Syndicat de la presse parisienne. Quant aux salariés,
leurs syndicats devraient être réunis fin juin afin
d'évoquer, entre autres, la clause de cession des journalistes.
Philippe
Ricard (à Bruxelles) et Pascale Santi .
ARTICLE
PARU DANS L'EDITION DU 18.06.04 |