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Grande-Bretagne


Contes et légendes du Londonistan

Menezes s'est pris huit balles, dont sept dans la tête, tirées une fois qu'il était maîtrisé et plaqué au sol


Ce sont 8 balles et non pas cinq, comme annoncé précédemment, qui ont mis fin à l'existence de l'électricien brésilien Jean Charles de Menezes, le venredi 22 juillet, dans la station de métro Stockwell. Les James Bond en civil de Scotland Yard lui ont tiré 7 balles dans la tête et une dans l'épaule, alors qu'il était déjà maîtrisé et plaqué au sol après avoir fui paniqué devant des hommes en civil le menaçant de leurs armes de poing. Après avoir semblé tétanisées, la société et les institutions judiciaires britanniques commencent à réagir. Premiers signes : une deuxième manifestation lundi, un peu plus importante que celle de dimanche, des excuses de Tony Blair et une enquête officielle dont on peut s'attendre à ce qu'elle épingle sévèrement la police. Les juges anglais gardent une certaine indépendance face au pouvoir politique et ont marqué à pusieurs reprises, après le 11 septembre, leur désaccord avec les excès de la croisade "antiterroriste". Ian Blair, le chef de la police métropolitaine, n'a qu'à bien se tenir...
Cette bavure nous évoque irrésistiblement la réponse du Mahatma Gandhi à la question d'un journaliste british : "Que pensez-vous de la civilisation britannique ? " Le Mahatma : «C'est une bonne idée »...

Jean Charles et Yacine


La presse britannique opposait mardi les destins de deux Londoniens d'adoption, Jean Charles de Menezes, le jeune Brésilien tué par erreur dans l'enquête sur les attentats ratés du 21 juillet, et Yacine Hassan Omar, l'un des quatre hommes les plus recherchés du pays.
"Il voulait rentrer au Brésil en ayant réussi, il était heureux à Londres, il appréciait la diversité des cultures", a expliqué au Sun un ami de Jean Charles de Menezes, abattu par erreur par la police vendredi à la station de métro Stockwell, au sud de Londres.
Le quotidien populaire The Sun croit également savoir que l'électricien de 27 ans envisageait de rentrer au Brésil pour créer sa propre entreprise.
"Jean était le plus sympa, le plus gentil et le plus correct des hommes que je connaisse", a insisté une proche qui partageait avec Jean Charles de Menezes un appartement dans le sud de Londres, cité par le Daily Telegraph.
Mais à l'image du quotidien conservateur, les journaux britanniques brossent un portrait contrasté de la victime de la bavure de Scotland Yard.
Ils s'interrogent en effet sur les raisons qui ont poussé le jeune homme à ignorer les injonctions de la police, déclenchant ainsi une course-poursuite dans la station de métro Stockwell, achevée dans le sang, atteint de huit balles tirés par les policiers.
"Son permis de séjour en Grande-Bretagne avait expiré", affirme le Daily Express alors que les proches du jeune homme et les ministres britannique et brésilien des Affaires étrangères ont affirmé qu'il vivait légalement en Grande-Bretagne.
De son côté, le Daily Telegraph saisissait le flou entourant le statut de de Menezes pour critiquer la politique de contrôle des frontières en Grande-Bretagne : "Si les registres d'entrées et sorties étaient bien tenues, ils auraient été faciles pour les fonctionnaires des services d'immigration de savoir s'il était en situation légale ou non et d'intervenir".
Les journaux britanniques s'intéressaient également dans leur édition de mardi aux deux auteurs des attaques ratées du 21 juillet dont l'identité a été révélée par Scotland Yard lundi.
"Où sont-ils ?" s'interroge le Daily Mirror en publiant les photos diffusés dès le lendemain des attaques ratés du 21 juillet.
Le quotidien populaire estime qu'un autre groupe pourrait frapper Londres "pour montrer la puissance de leur mouvement".
"Les kamikazes touchaient des allocations", titre pour sa part en une le Daily Mail (droite) qui présente Yacine Hassan Omar, dont l'identité a été révélé par Scotland Yard lundi, comme "un Somalien vivant dans un HLM depuis 1999" et ayant "reçu des dizaines de milliers de livres sterling d'allocations de l'état".
Le quotidien populaire décrit l'appartement de Yacine Hassan Omar, dans le nord de Londres qu'aurait également fréquenté Mokhtar Saïd Ibrahim, l'autre kamikaze nommé par la police, comme "une usine de fabrication de bombes".
L'appartement est fouillé par la police tandis que des voisins cités dans le Daily Mail se souviennent avoir vu "Ibrahim et un ami (qui) transportaient il y a quelques semaines des dizaines de boîtes" présentées comme du décapant pour papier-peint.
Source : AFP, 26 juillet 2005

Blair : un idéologue diabolique


par Gilad Atzmon, 25 juillet 2005. Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier
Une nouvelle fois, Londres est attaquée. Même si, superficiellement, cela n'a pas l'air d'un événement catastrophique, le message est clair : nous sommes très vulnérables. Et pourtant, nous semblons très lents à apprendre notre leçon. En dépit d'indications persistantes que la majorité des Britanniques établissent un lien entre la politique de Blair et la détérioration de leur sécurité au quotidien, jusqu'ici, aucun appel sérieux à virer Blair n'a été lancé.
Blair continue donc à gérer ce pays, et il semble clair que nous nous acheminons vers une catastrophe colossale. Voici quelques heures, un Asiatique a été abattu de cinq balles, dans le métro, par des « officiers de police banalisés ». Nous nous dirigeons rapidement vers une société fragmentée et ségréguée, dans laquelle les personnes de type asiatique risquent de se retrouver dans une insécurité de tous les instants. Dans chacun de ses discours, Blair nous prêche d'arrêter l'idéologie du mal. Permettez-moi d'être clair, à ce sujet : mettre des bombes dans le métro, c'est indubitablement un mal, mais quelle est l'idéologie sous-jacente à cet acte ? Il nous reste encore à découvrir qui se trouver derrière les différents attentats à la bombe de Londres. Par conséquent, nous ne pouvons pas associer ces divers événements avec une quelconque idéologie. Pour être honnête, la seule idéologie clairement et assurément maléfique à laquelle je puisse penser est précisément celle que M. Blair en personne met en pratique. N'est-ce pas Blair qui s'est volontairement associé avec M. Bush, lançant une guerre sans l'approbation de l'ONU ? Ce sont Blair et Bush qui sont en train de transformer notre planète en une bombe à retardement.
La situation devient compliquée, ici, au Royaume-Uni. L'opinion britannique est dans la confusion la plus totale. Jusqu'ici, les constats de l'enquête sur les précédents attentats (du 7 juillet) indiquent de manière certaine que les quatre jeunes musulmans soupçonnés d'avoir été les criminels n'avaient rien de kamikazes. D'après les journaux de dimanche dernier, le jour des attentats, les kamikazes soupçonnés ont placé des tickets de stationnement valides sur le pare-brise de leur voiture. Puis ils ont acheté des tickets de train de banlieue Luton ­ Londres et retour. Une fois dans la station de métro, ils ont acheté à nouveau des tickets allez-retour. Inutile d'avoir fait Saint-Cyr pour comprendre que des kamikazes ne se préoccupent pas d'économiser sur leur « trajet de retour » La police avance l'argument qu'ils auraient transporté leurs explosifs dans des sacs à dos. C'est vraiment très inhabituel. En Palestine et en Irak, les kamikazes s'attachent leurs explosifs à même le corps. Quoi qu'il en soit, la police parle des kamikazes en disant qu'ils ne transportaient pas plus de cinq kilogrammes d'explosifs chacun. Là encore, cela ne tient pas vraiment debout. Des gens qui veulent tuer n'économisent pas les explosifs. Ils en emportent, tout simplement, autant qu'ils peuvent en porter. La seule explication que je puisse entrevoir, c'est que les jeunes gens ne se doutaient pas de ce qui allait arriver. Ils ne savaient pas ce qu'ils transportaient, dans leurs sacs. Ils ne savaient pas ce qu'ils allaient faire.
Les quatre jeunes gens n'étaient pas des kamikazes. Il s'agissait soit de leurres, soit, plus vraisemblablement, de victimes d'une troisième composante assassine, au programme d'action manifestement pervers. Il semblent qu'ils aient été envoyés commettre aveuglément un acte, sans avoir réellement conscience de ce dans quoi on les avait engagés. Sans le moindre doute, aucun d'entre eux ne fut le coordinateur de l'attaque
. Un chef aurait pu emporter bien plus d'explosifs, simplement pour causer plus de carnage. Autre élément à ne pas perdre de vue : le fait que les terroristes suspects n'ont laissé aucun message. Or on sait qu'en Palestine, les kamikazes laissent une sorte de déclaration d'adieu : une vidéo, une lettre, voire même parfois quelques passages d'un texte religieux. Ceux qui ont recours à la tactique de l'attentat suicide se voient eux-mêmes comme des martyrs. Jusqu'ici, rien de tel n'a été retrouvé, au Royaume-Uni. La conclusion que l'on peut en tirer est très claire : les véritables perpétrateurs des attentats à la bombe dans le métro sont toujours en liberté. Ils sont dehors, et ils peuvent attaquer à nouveau. Reste à savoir de qui il peut bien s'agir ?
C'est très difficile à dire. Blair tente de nous persuader qu'il ne peut s'agir que de fondamentalistes musulmans. Mais, en réalité, il pourrait tout aussi bien s'agir de nationalistes arabes. Quand on y réfléchit : n'est-il pas envisageable qu'il puisse s'agir de nationalistes britanniques d'extrême-droite ? Le British National Party (équivalent anglais du FN, NDT) a été le premier à déclarer : « Ne nous avions-nous pas mis en garde, au sujet de ces musulmans ? » Mais cela va même encore plus loin : comme l'ont indiqué plusieurs commentateurs iconoclastes, nous ne pouvons exclure la possibilité que les services de renseignement d'une puissance étrangère soient impliqués. Tant le Mossad que la CIA sont des candidats raisonnables. Au fil des années, le Mossad s'est bâti une sérieuse réputation, avec ses opérations de diversion. Pourquoi le Mossad pourrait-il être intéressé à ce genre de tuerie ? Tout simplement parce que le sionisme est le grand bénéficiaire de l'émergence du soi-disant « choc des civilisations » entre le monde soi-disant « judéo-chrétien » et le monde musulman. La CIA, autre opérateur de diversion, pourrait être aisément associée aux attentats. Ce genre d'attaques pourraient alimenter la « guerre contre le Terrorisme », avec un zèle destructeur renouvelé.
Apparemment, la liste des terroristes potentiels est ouverte. A l'évidence, nous savons très peu de choses. En réalité, nous ne savons même rien du tout. En l'occurrence, nous nous contentons de faire des conjectures. De plus, il est vraisemblable que nous ne connaîtrons jamais la vérité. Toutefois, une chose est claire. Nous avons tous les plus grands doutes quant au rapport du gouvernement. Nous ne croyons pas à ce que disent les hommes politiques que nous avons élus. Nous savons que Blair nous avait déjà menti, avant et durant la guerre, nous savons que toutes les commissions d'enquête officielles n'avaient pas d'autre mission que de fournir un service de blanchiment. A l'évidence, nous sommes devenus de plus en plus cyniques au sujet du concept actuel de démocratie libérale.
Toutefois, les gens, ici, comprennent fort bien que c'est la politique de Blair qui les rend tellement vulnérables. Blair nous dit que nous devons combattre l'idéologie du mal. Il nous exhorte à ne pas nous rendre aux terroristes. Il a raison, nous ne devons jamais nous rendre au terrorisme d'Etat anglo-américain. Nous devons mettre un terme à la vague actuelle de colonialisme occidental. Nous devons virer Blair, et le plus tôt sera le mieux. Le pouvons-nous ? Non. Pas vraiment. C'est aux Travaillistes qu'il incombe de virer leur chef fomentateur de guerre.

« La seule façon de réagir, c'est de tirer dans la tête »


La police britannique a toujours pour consigne de tuer d'une balle dans la tête des kamikazes présumés, a annoncé dimanche le chef de Scotland Yard, en dépit d'une bavure qui a coûté la vie à un Brésilien que des policiers croyaient lié aux attentats du 21 juillet.Le patron de la police britannique, Ian Blair, a expliqué à la télévision qu'il n'avait pas l'intention de remettre en cause les règles d'engagement des unités armées de Scotland Yard, confrontées à des individus soupçonnés de porter sur eux une bombe et prêts à la faire exploser.

"Quelqu'un d'autre pourrait être tué. J'espère que cela ne se reproduira pas. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour que les choses se passent correctement, mais ces décisions sont prises dans des circonstances terrifiantes", a-t-il déclaré sur la chaîne d'informations en continu Sky News.

"Cela ne sert à rien de tirer dans la poitrine de quelqu'un parce que c'est probablement là que se trouve la bombe. Cela ne sert à rien de tirer ailleurs parce que s'ils tombent, ils vont la déclencher", s'est encore justifié Ian Blair.

"C'est ce que montre l'expérience d'autres pays comme le Sri Lanka. La seule façon de réagir, c'est de tirer dans la tête", a-t-il ajouté à propos de ce que les spécialistes appellent la "shoot to kill" policy (littéralement tirer pour tuer).

La veille, Scotland Yard avait reconnu que l'homme abattu vendredi à la station de métro de Stockwell, au sud de Londres à l'issue d'une course poursuite avec des policiers en civil, était innocent.

La victime, un électricien brésilien de 27 ans, Jean Charles de Menezes, vivait, selon la presse brésilienne, depuis trois ans à Londres, en toute légalité.

La police a expliqué que l'homme "sortait d'une maison du quartier de Tulse Hill, près de Stockwell, placée sous surveillance, car liée à l'enquête sur les attaques du 21 juillet".

"Il a ensuite été suivi par des policiers. Son habillement et son comportement ont accentué les soupçons de la police", a expliqué Scotland Yard.

Scotland Yard s'est refusé à détailler plus avant les circonstances qui ont conduit à sa mort, l'opération faisant désormais l'objet de deux enquêtes, l'une par ses services internes et l'autre par une commission indépendante.

Ian Blair a accepté d'endosser "la pleine responsabilité" de la bavure : "C'est une tragédie", a regretté le patron de la Metropolitan Police. "A sa famille, je ne peux qu'exprimer mes regrets sincères", a-t-il dit, sans présenter d'excuses formelles.

Le gouvernement brésilien a demandé aux autorités britanniques des explications sur la mort de Jean-Charles de Menezes.

Le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim, dont la venue à Londres était déjà programmée, a été reçu dimanche par le ministre adjoint britannique aux Affaires étrangères, mais aucune information n'a filtré de cette rencontre.

La police britannique n'a par ailleurs "pas de raisons de croire" que les auteurs des quatre attentats ratés du 21 juillet ont quitté le Royaume-Uni, a encore estimé le chef de Scotland Yard.

"Nous craignons qu'il puisse exister d'autres groupes" susceptibles d'organiser des attentats, a-t-il ajouté.

Dans le cadre de l'enquête, la police s'intéresserait par ailleurs à une base de rafting à Bala, dans le nord du pays de Galles que des membres des deux groupes de terroristes auraient fréquenté dans les semaines précédant les attentats du 7 et du 21 juillet.

Selon Sky News, "deux des (quatre) hommes recherchés dans le cadre de l'enquête sur les attentats ratés du 21 juillet se sont rendus à Bala".

"Nous savions déjà que deux des terroristes de la première vague d'attentats (du 7 juillet) étaient venus ici", a expliqué une journaliste, en référence à une photo publiée dans la presse montrant Mohammed Sidique Khan et Shehzad Tanweer, participant à un stage de rafting.

Scotland Yard a refusé de confirmer cette information, un porte-parole se contentant de souligner qu'"à son avis, il pourrait s'agir d'une piste explorée par les enquêteurs".

Dimanche après-midi, plus de 200 parents et amis des victimes et certains survivants des attentats qui avaient fait 56 morts le 7 juillet se sont recueillis au Centre d'accueil et de soutien, où ils ont aussi longuement interrogé les responsables de l'enquête.

Peter Clarke, le patron de la section anti-terroriste de Scotland Yard et responsable de l'enquête, s'est également adressé aux familles.
Source : AFP, 24 juillet 2005

 

Petit flash-back historique

par La rédaction de Quibla, 20-22 juillet 2005


La totalité des commentateurs français s'acharnent à faire remonter la généreuse politique d'asile britannique à 20 ans en arrière. Pour les médias crétinisés et crétinisateurs, 20 ans, cest très très long. Or, n'importe quelle personne un tant soit peu cultivée sait que 20 ans, ça n'est rien dans l'histoire des sociétés. Et c'est tout bonnement faux : la politique d'asile généreuse de l'Angleterre a une tradition vieille de plusieurs siècles et au moins d'un siècle à l'égard des Musulmans. Remontons donc en arrière de quelques siècles.


1 - Londres, Paris et Vichy

La France sarkozyenne montre autant de haine à l'égard du "Londonistan" que la France vichyssoise en avait durant l'Occupation contre la France libre installée à Londres, qui était alors une véritable "Frog-City" (frog = grenouille, épithète anglaise injurieuse à l'égard des Français, équivalent du "rosbif" des Français. L'analogie s'arrête là : en effet, il y a quelques "petites" différences :
€ l'Angleterre et la France sont aujourd'hui "unies" au sein de l'UE (on dirait ces jours-ci que ce sont des pays sur le point de se livrer à une guerre);
€ Tony Blair, caniche poudré, n'est vraiment pas Winston Churchill, un éléphant au cuir buriné.
€ Il n'y a pas de de Gaulle musulman à Londres, ou alors il est très bien caché.


2 - Naissance du "Londonistan"

C'est le régime algérien qui, au milieu des années 1990, alors que la guerre sale battait son plein en Algérie, a lancé les premières attaques virulentes contre le Londonistan. Puis, les gouvernements français successifs et les propagandistes de service se sont emparés du mot et du "concept" pour en faire leurs choux gras. Les attentats de Londres du 7 juillet ont suscité une jubilation à peine masquée chez les tenants de l'éradication des "islamistes" comme Nicolas Sarkozy, futur candidat à l'Élysée.
C'est quoi, le Londonistan ? C'est le milieu musulman de Londres, qui comporte une palette complète de toutes les tendances religeiuses et politiques, avec des personnes et des groupes originaires de tous les pays musulmans. Un véritable kaléidoscope. Ce n'est pas d'hier que Londres est un centre d'activités musulmanes de tous ordres, social, religieux, politique, culturel. Londres a été la capitale d'un Empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais et on y trouve donc des groupes et des communautés d'originaires de chacune des anciennes colonies britanniques, de Malte au Bangla Desh. Dès la fin des années 80, des musumans des anciennes colonies françaises du Maghreb s'y sont à leur tour installés. Le plus célèbre d'entre eux est sans doute le Tunisien Rachid Ghannouchi, leader du mouvement Annahdha, réfugié à Londres en 1991 suite à un refus de visa français et condamné ensuite à la réclusion à perpétuité par la justice aux ordres de Ben Ali. On trouve aussi désormais une importante communauté algérienne de rescapés de guerre sale. Ces Maghrébins francophones sont devenus anglophones et ont découvert les Musulmans du Moyen-Orient et d'Asie. Tous ces exilés sont sans doute appelés à faire souche en Angleterre, tout comme leurs prédécesseurs venus depuis le XIXème siècle.
Ce "Londonistan" est-il le vivier du "terrorisme islamiste" ? Pas plus que la grande Mosquée de Paris, où se retrouvent pour la grande prière du vendredi des musulmans de toute l'ïle-de-France et de toutes les couleurs et origines, des Albanais aux Gaulois convertis en passant par les Africains de l'Ouest.


3 - En 1790 déjà...

Il faut savoir que ce phénomène remonte à la fin du XVIIIème siècle. Londres était alors le refuge des nobles et des monarchistes français qui avaient fui la Révolution française et ses guillotines. Puis, à partir de 1820 et surtout après 1830, affluent des combattants nationalistes ou indépendantistes de tout le continent européen, notamment des Allemands (le plus célèbre d'entre eux, Karl Marx, est même enterré à Londres), des Polonais (alors en lutte contre l'occupant russe), des Italiens (Giuseppe Mazzini, leader du mouvement "Jeune Italie" qui luttait pour une unité républicaine de l'Italie, alors morcelée en états princiers ou ducaux et partiellement occupée par l'Autriche) et des Grecs en lutte contre l'occupation ottomane. Après le "Printemps des peuples" de 1848, qui vit des soulèvements populaires et républicains dans toute l'Europe continentale, durement réprimés par les régimes réactionnaires, Londres, fidèle à sa tradition libérale et impériale, accueille d'autres rescapés. le Coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte le 2 décembre 1852 et la proclamation du second Empire amène une nouvelle vague de bannis, ceux qui ont échappé aux rafles impériales, suivis d'un envoi au bagne (Lambèze en Algérie, Cayenne en Guyane) ou d'une déportation en Nouvelle-Calédonie.
La répression sanglante de la Comune de Paris voit un flot de rescapés des massacres de la "semaine sanglante" dans Paris chercher refuge soit à Bruxelles soit - et c'était plus sûr - à Londres.


4 - Derrière la générosité, les calculs politiques de l'Empire

Si on peut expliquer ce choix de Londres par la tradition britannique de liberté d'_expression et d'hopspitalité, il faut aborder un autre aspect important
Le système politico-policier britannique - qui durant cette longue période était sans doute le plus performant du monde - voyait d'un bon oeil l'afflux d'opposants de toute la planète, car il lui fournissait des informations sur les pays d'origine et permettait de recruter des agents d'influence ou opérationnels. L'Angleterre impériale continuait sur la lancée des années suivant la Révolution française, où elle utilisa les nobles réfugiés pour combattre la France révolutionnaire. Il faut rappeler que la France était la principale épine dans le pied du colosse britannique, et cela avant même la révolution française. Il suffit de rappeler l'aide apportée par le marquis de Lafayette et ses volontaires aux insurgés américains de l'indépendance.
Toute la propagande française sur le Londonistan a donc derrière elle une histoire de plus de deux siècles et est en dernière analyse tributaire du syndrome de Fachoda. En 1898, les troupes britanniques de Lord Kitchener chassent 250 militaires français sous le comandement du colonel Marchand dans cette ville du Soudan et réaffirment ainsi la primauté britannique sur l'Afrique orientale, d'Alexandrie à Johannesbourg.
Politique d'asile et politique impériale puis tout simplement politique étrangère ont donc de tout temps été étroitement liées. Qu l'on pense à l'asile accordé au Négus d'Éthiopie, Haïlé Sélassié, après l'occupation de son pays par les armées de Mussolini.
On peut donc considérer la générosité relative de la politique d'asile britannique envers les réfugiés islamistes du Maghreb et du Machrek comme une "Realpolitik" visant à se concilier les bonnes grâces de leaders et de groupes qui peuvent se retrouver au pouvoir dans leur pays un jour ou l'autre. Et comme on n'est jamais sûr de rien, le travail de renseignement et d'infiltration des milieux musulmans ou islamistes est autrement plus facile en terre connue - en Angleterre, principalement à Londres - qu'en terres lointaines et dangereuses. De plus les réfugiés, fragilisés et souvent en situation précaire, deviennent une proie plus facile pour le recrutement d'agents doubles.

Londres n'est pas un "Londonistan"


par le Dr. Madawi Al-Rashid, in Al Watan Al Arabiyy, 18 juillet 2005. Traduit de l'arabe par Marcel Charbonnier.
L'auteure, universitaire, est originaire de la Péninsule arabique

Les attentats de Londres ont frappé l'opinion de stupeur, car ils ont atteint beaucoup de personnes vivant et coexistant dans la capitale britannique, appartenant, en particulier, à la communauté arabe et musulmane, dont certains des membres y sont venus volontairement, espérant vivre mieux, et d'autres s'y sont installés après que les portes de la démocratie et d'une vie digne se soient refermées devant eux.
Londres est parmi les plus grandes capitales européennes à abriter une nombreuse colonie arabe. Tandis que Paris se caractérise par un grand nombre d'immigrés d'Afrique du Nord, Londres accueille en son sein des Arabes parlant tous les dialectes. Y sont venus : des Yéménites, des Somaliens, depuis plus d'un siècle, qui se sont établis dans l'est de la mégalopole, ainsi qu'autour des docks sur la Tamise. Puis sont venus des Palestiniens, au milieu du siècle dernier, fuyant un exil dans leur propre pays, puis des Libanais, dont la guerre civile avait déchiré le tissu national si fragile. Quant aux Irakiens, il s'agissait, au début, soit de quelque roi destitué, ou de membres de quelque minorité qui aurait, pour son malheur, lié son sort à un colonisateur qui l'aurait abandonnée, après son départ forcé, ou telle autre, qui a préféré émigrer, plutôt que rester dans un pays qui ne reconnaissait pas son identité propre. Puis vinrent des chiites et des communistes, puis des sunnites, avec toutes leurs innombrables variantes. Puis des Egyptiens, soit ouvriers, soit commerçants, soit chercheurs, notamment en médecine, mais aussi dans la plupart des branches scientifiques. Quant aux Saoudiens, ils ont suivi le mouvement, dans les années 1970. Certains sont venus, en quête de quelque investissement immobilier juteux, ou de quelque occasion en or sur le marché londonien, ou simplement pour se dépayser et faire du tourisme. Dans les années 1990, une nouvelle catégorie de Saoudiens est venue se réfugier à Londres, fuyant la pression politique régnant en Arabie, à la recherche de la liberté qui leur permettrait d'exercer une action politique, loin de la censure du régime et du fouet de ses appareils. Ceux-ci, qui se comptent sur les doigts de la main, sont venus rejoindre un groupe infiniment plus nombreux, qui avait déjà pris ses quartiers à Londres, je veux parler des ténors des médias saoudiens, qui sont confortablement installés, depuis fort longtemps, aux portes de la capitale britannique.
Quelques heures seulement après les explosions qui ont secoué Londres, ces porte-voix sont apparus sur les écrans des télévisions arabes. Ils sont venus jouer leur petite musique archi-connue, cette petite musique qu'ils excellent à jouer, tant ils la pratiquent et la répètent. Un de ces porte-voix est venu s'installer à Londres récemment, après que la presse locale, au pays, l'ait viré : il est venu nous analyser les attentats. Et, avant tout débat, et tout indice, ce porte-voix a répété quelques-unes des expressions et des définitions apparues immédiatement après les attentats du 11 septembre (2001). Il y est, bien entendu, allé de son " Londonistan ", décrivant Londres comme un repaire de terroristes et de provocateurs. Et notre interlocuteur a mentionné que le régime saoudien mis en garde le gouvernement britannique contre le danger de ces gens qui répandraient leur venin dans la moindre zâwiya [lieu de prière très restreint, on pourrait parler de " chapelle ", mutatis mutandis, NDT] et dans toutes les mosquées. Et notre commentateur a pris pour exemple de ce dangereux phénomène une mosquée de Finsbury Park, et ce qui s'y est passé. Il a cité les noms de certains des prédicateurs, après quoi il est passé à la question de l'opposition saoudienne, mélangeant les torchons et les serviettes, ignorant que tous les indices de " preuves " avaient été écartés, moins de deux heures après les explosions de Londres
Quant à la presse écrite, elle s'est établie à Londres depuis les années 1980, elle est donc plus anciennement installée que les porte-parole des médias audiovisuels, mais elle n'en répand pas moins la théorie fumeuse du Londonistan, et elle y fait référence à la manière du savant religieux musulman (Œâlim) s'autorisant de ses textes jurisprudentiels.
Prenons un moment, afin de réfléchir à ce terme de " Londonistan ", d'en suivre le développement et l'apparition, ainsi que la manière dont il s'est imposé dans l'abécédaire des médias qui campent à Londres
Ce terme est né après les attentats du 11 septembre, d'où le fait qu'il rime avec " Afghanistan ". Beaucoup l'ont repris, non pas en Grande-Bretagne, mais en France, laquelle était mécontente de la Grande-Bretagne et de sa façon de traiter ceux qu'elle, la France, qualifiait de terroristes venus d'Algérie, après que ce pays eut connu des violences qui avaient coûté la vie à des centaines d'innocents. Beaucoup d'Algériens, et d'autres nationaux s'étant enfuis de leur pays, ou de France, ont trouvé en Grande-Bretagne un havre, quand bien même il ne s'agissait pas d'un abri humain et civilisé répondant aux stipulations des accords internationaux en matière de droit d'asile. Mais Londres, et en particulier les banlieues du nord de Kingstown et certains quartiers de l'Est londonien étaient bien préférables au sort qui les attendait dans les villes des ceintures de la misère qui entourent Paris et d'autres villes françaises, où vivent beaucoup de membres de la communauté immigrée originaire d'Afrique du Nord. Pour une raison inconnue, la Grande-Bretagne a fermé les yeux, et elle ne les a pas expulsés vers leur pays d'origine. Depuis lors, les analystes spécialistes du terrorisme, en France, ressassent la théorie du Londonistan, que jusqu'à des commentateurs officiels saoudiens font leur, aujourd'hui Le terme " Londonistan " occupe les unes des journaux français, tel " Le Monde ", dont le correspondant est venu enquêter sur le terrorisme dans les mosquées et les écoles coraniques, ainsi que les centres sociaux des immigrés musulmans (à ses dires). Les Français n'ont pas compris la raison pour laquelle la Grande-Bretagne a bien accueilli le réfugié algérien. De la même manière, les Britanniques ­ mais ils ne sont pas les seuls ­ n'ont (toujours) pas compris pourquoi la France a-t-elle accueilli Khomeïny, à la fin des années soixante-dix, cette France d'où a décollé l'avion du retour vers Téhéran ? La presse française n'est pas la seule à avoir diffusé ce terme, puisqu'un universitaire français bien connu dans les milieux scientifiques spécialisés dans les questions de l'islamisme l'a, lui aussi, adopté et défendu, le répétant abondamment, à l'instar d'un représentant saoudien, sur une chaîne de télévision satellitaire arabe, très peu de temps après les explosions de Londres.
Derrière ces collusions médiatiques, on pouvait percevoir une odeur repoussante, et des tentatives de pêche en eaux troubles. Avant que ne soient maîtrisés les incendies des attentats, on assistait déjà à des commentaires médiatiques saoudiens qui dirigeaient un index accusateur sans aucune considération pour ce que ces déclarations comportaient de dangers pour la communauté arabe résidant dans la capitale britannique.
A ce sujet, nous affirmons que Londres n'a rien d'un Londonistan, quoi que les médias saoudiens, et avant eux, les médias français, fassent pour coller cette accusation sur le dos d'une ville qui est aussi éloigné qu'on peut l'être du véritable Londonistan d'où plus d'une de ces voix s'est enfuie.
Quelle que puisse être notre position sur la politique britannique, en matière de guerre (contre l'Irak), de conception de la question musulmane, et quelles que soient les indices historiques et les preuves juridiques que nous ayons pu rassembler, afin de les utiliser dans notre combat contre la situation actuelle, caractérisée par le fait que l'Etat britannique se tient aux côtés des Etats-Unis et adopte leurs politiques, nous ferons toujours la différence entre Londres ­ la ville, et ses habitants ­ et la Londres de la politique et du complot.
Londres est la seule ville, en Europe, dont le maire ait été solidaire avec nos causes et les ait défendues, non pas parce qu'il aurait reçu des pots-de-vin des mains de régimes appartenant aujourd'hui aux livres d'histoire ­ comme d'aucuns l'en ont accusé ­ mais bien parce qu'il s'agit de quelqu'un qui croit sincèrement dans le droit des peuples à décider de leur destin. Londres est la seule ville qui ne rejette pas les pauvres à l'extérieur de ses fossés, comme le fait par exemple la France. Au contraire, nous les voyons vivre, dans des HLM, au c¦ur de la capitale et y croiser, sur les trottoirs, les gens aisés et les puissants. Londres, sachez-le, vous qui affublez du sobriquet de Londonistan la seule capitale européenne à accorder une salle de prière aux étudiants musulmans de ses universités et à célébrer leurs fêtes religieuses, occasion pour eux de montrer aux étudiants d'autres origines leurs patrimoine culturel et leurs spécialités culinaires, bâtissant des ponts de pain et de sel avec les autres communautés, d'une manière qui diffère en tous points du regard hautain et raciste qui caractérise les relations des représentants du régime saoudien à Londres et les fils et filles de la communauté musulmane bengalie, pakistanaise, ou autre, puisque, aussi bien, pratiquement tous les membres de ces communautés auraient beaucoup de choses à raconter à ce sujet et que ces récits ne sont révélés publiquement qu'une fois rompue la célèbre équation entre l'argent et l'allégeance, en vigueur tant en Arabie saoudite qu'ailleurs.
Non : Londres n'est pas un " Londonistan ". Londres n'impose pas son identité à tous, car elle n'a pas une identité unique : elle est en effet une mosaïque multicolore et multiforme et, plus se multiplient ses couleurs et ses formes, plus elle gagne en richesse et en profondeur. Londres ne demande pas à ses habitantes de changer leurs voiles pour en adopter d'autres. Au contraire, elle ferme les yeux à ce sujet : ni elle ne regarde, ni elle ne voit. De même, elle prête bel et bien l'oreille à ces dialectes innombrables, mais sans les entendre, et sans émettre la moindre critique.
Les événements de Londres, comme d'autres attentats avant eux, ont démontré que la violence politique, aujourd'hui, oscille entre la mondialisation et la privatisation. En effet, en dépit du fait que le discours jihadiste que répandent des instances spécialisées, sur Internet, soit un discours mondialisé à la production duquel participent des personnalités et des plumes dont on ne connaît pas l'identité, mais qui se trouvent absolument partout, nous constatons que ce discours est adopté par des groupes de jeunes extrêmement localisés. Les premières enquêtes des services de sécurité britanniques ont abouti à des kamikazes britanniques d'origine asiatique, résidant dans la région du Yorkshire, au nord de l'Angleterre, et non à des Arabes venus d'on ne sait où, qui auraient subi un lavage de cerveau administré par ceux que l'on appelle des incitateurs à la violence, et en particulier par à des prédicateurs musulmans arabes.
Le discours globalisé d'Al-Qa'ida rencontre un répondant chez des jeunes divisés par des frontières et réunis par des préoccupations communes, et sans doute le régime saoudien ne se rend-il pas compte que les trois listes qu'il a publiées jusqu'ici ne sont qu'une imitation des listes publiées par les Etats-Unis et fondées sur les figures d'un jeu de cartes. Ces listes ne reflètent sans doute pas la réalité sur le terrain, mais elles reflètent l'ampleur de la crise des solutions sécuritaires en matière de résolution du casse-tête posé par Al-Qa'ida. Jusqu'ici, Al-Qa'ida [cet acronyme signifie, au sens propre : La Base] a montré que sa force réside dans le fait, précisément, qu'elle n'a aucune base, pas plus en Afghanistan qu'au Londonistan, au Bureaudepostistan ou au Coiffeuristan. La logique de la " cellule terroriste " et du démantèlement afférent continue à dominer dans les porte-voix médiatiques, en particulier après la découverte de la cellule de Hambourg, en Allemagne, mais très tardivement. Trop tardivement, quand il n'en était plus temps
Les violences et les attentats ont démontré, également, la vacuité de certaines déclarations, en particulier celles qui ont fait un lien entre la violence et ses fauteurs, d'une part, et la pauvreté et le chômage, d'autre part. Les actes de violences ont démontré, aussi, l'inanité de propositions basées sur la logique de l'étranger qui vient laver des cerveaux, en Irak, au Cachemire, à Londres, voire même à Riyadh ou à Jeddah, ou ailleurs Les voix des " terrorologues ", ces spécialistes du terrorisme qui se prétendent spécialistes dans l'analyse de la terreur, ressassent la théorie de la violence et l'idée de quelqu'un, qui viendrait d'ailleurs. Pour eux, si un attentat à la bombe est perpétré à Riyadh, il ne peut s'agir que de l'¦uvre d'étrangers, ou de leur idéologie, venue de tel ou tel pays voisin. Si un attentat à la bombe se produit à Londres, alors, là aussi, il ne peut s'agir que de l'¦uvre d'étrangers sortis d'on ne sait trop où. Si un attentat se produit à Bagdad, ou à Mossoul, là encore, ce ne peut qu'être l'¦uvre d'étrangers venu d'un endroit bien précis, pour peu que cet endroit ne se trouve pas en Irak
Ces experts oublient, ou font semblant d'oublier, qu'à toute idéologie mondialisée, qu'elle soit jihadiste, ou communiste, ou baathiste, ou islamiste, ou autre encore, correspond un moteur local, qui absorbe cette idéologie, qui la digère à sa façon propre, puis qui lui donne sa couleur locale et la diffuse à sa propre manière. La production locale peut correspondre à sa source mondialisée, mais elle peut en différer, car le climat local a ses caractéristiques propres, la violence dont beaucoup de capitales, de par le monde, sont aujourd'hui le théâtre correspond à une idée qui n'a pas de base spatiale, ni de cellule qui la couve : cette idée voyage, sans connaître de frontières connues. Elle n'a pas de passeport, ni de carte d'identité bien définie, mais elle est une résultante, imposée par des relations internationales qui ont consacré l'hégémonie d'un groupe déterminé au détriment d'une immense majorité de gens qui ont le sentiment que leurs droits sont bafoués ou qui voient que leur terre est occupée.
Al-Qa'ida diffère des autres mouvements mondiaux, tel le mouvement communiste international, par exemple, en ceci qu'elle a imposé aux sociétés musulmanes le principe de la privatisation du jihâd, puisque celui-ci est devenu une obligation [religieuse] personnelle dont des jeunes doivent se charger, chacun sur un front, sans imâm, et sans émir, puisque ceux-là appartiennent à une catégorie dépassée depuis bien longtemps. Cette privatisation aurait été impossible si nous n'avions pas vécu à l'ère de la mondialisation et de la communication planétaire. Ces réalités semblent avoir échappé aux haut-parleurs du régime saoudien campés dans les banlieues chic de Londres. Puissent-ils s'en tenir à leur culture locale et laisser tomber des termes ronflants que d'autres ont inventé, pour des raisons qui leur sont bien particulières, tel le terme " Londonistan ", en définitive tellement français !

 

"Shocking !" : le maire de Londres Ken Livingstone met les pieds dans le plat


Le maire de Londres Ken Livingstone - surnommé il y a quelques années "Ken le Rouge", a estimé mercredi 20 juillet que l'interventionnisme depuis de longues années de l'Occident au Proche-Orient pouvait expliquer les attentats comme ceux qui ont frappé sa ville le 7 juillet.
"Je n'ai aucune sympathie pour (les attentats suicides)", a déclaré le maire travailliste interrogé sur la BBC (radio). "Je n'en soutiens aucun".
Mais, a-t-il fait valoir, ils ne seraient probablement pas arrivés si l'Occident avait laissé les pays arabes libres de prendre leurs décisions après la Première guerre mondiale.
"Je pense que nous avons eu 80 ans d'intervention occidentale dans des pays majoritairement arabes, à cause du besoin de pétrole de l'Occident", a-t-il déclaré. "Nous avons soutenu des gouvernements peu recommandables, nous en avons renversé d'autres que nous ne jugions pas sympathiques".
"Si à la fin de la Première guerre mondiale nous avions fait ce que nous avions promis aux Arabes, c'est-à-dire les laisser libres d'avoir leurs propres gouvernements et étions restés en dehors de leurs affaires, achetant simplement leur pétrole plutôt que de penser que nous devions contrôler les sources d'approvisionnement de ce pétrole", je pense que cela ne serait pas arrivé", a-t-il ajouté.
Le "deux poids deux mesures" des Occidentaux au Proche-Orient a mis en colère de nombreux jeunes musulmans, a-t-il ajouté, évoquant la "plaie ouverte" du conflit israélo-palestinien.
"Je ne dénonce pas seulement les kamikazes. Je dénonce les gouvernements qui massacrent aveuglément au nom de leur politique étrangère", a-t-il ajouté, évoquant notamment "les bombardements du gouvernement israélien dans les zones d'où un groupe terroriste pourrait provenir".
"Et je pense que le problème que nous avons en particulier à l'heure actuelle c'est que dans les années 1980 les Américains ont recruté et formé Oussama ben Laden, lui ont appris comment tuer et faire des bombes (...) pour faire sortir les Russes d'Afghanistan", a-t-il encore déclaré.
"Ils n'ont jamais pensé qu'une fois cela accompli, ils pourrait se retourner contre ses créateurs".
M. Livingstone, connu pour son franc-parler, a également estimé que la Grande-Bretagne aurait compté beaucoup de kamikazes si les Britanniques étaient "sous occupation étrangère" et qu'on leur refusait "le droit de vote", et "souvent le droit de travailler" depuis "trois générations".
Ses propos, 13 jours après les attentats qui ont fait 56 morts dans la capitale britannique, ont été accueillis fraîchement par l'entourage du Premier ministre Tony Blair, qui cherche à tout prix à dissocier les attentats du soutien britannique à la guerre en Irak.
"Le Premier ministre et Ken Livingstone ont une vision différente du monde et cela reste le cas", a déclaré un porte-parole de M. Blair.
Dès le lendemain des déclarations de Ken Livingstone, des Musulmans londoniens ont lancé une pétition de soutien au maire, qui a subi des attaques virulentes pour ses déclarations somme toute plutôt sensées.
Source : AP, 20 juillet 2005

Londres brûle

par Gilad Atzmon, 7 juillet 2005

"Nous avons l'habitude de voir des images d'horreur en provenance de la capitale irakienne. Pour la plupart des Londoniens et des Britanniques, ces images ne sont rien de plus que de lointains échos, venus d'un pays étranger.
D'une certaine manière, la plupart d'entre nous avons réussi à oublier que c'est fondamentalement notre gouvernement qui est responsable de l'horreur ininterrompue, en Irak
D'une certaine manière, la plupart d'entre nous avons réussi à oublier que c'est fondamentalement notre gouvernement qui est responsable de l'horreur ininterrompue, en Irak.
Les images d'horreur, aujourd'hui, viennent de Londres. Apparemment, Bagdad et Londres partagent un sort très similaire. Je suis assis dans mon salon, je regarde l'émission Vingt-Quatre Heures de la BBC, qui nous dit que la police métropolitaine et les services d'urgence sont en train d'opérer conformément au plan prévu à cet effet. Clairement, ils avaient tous anticipé ce genre d'attentat. Un gouvernement qui est pleinement engagé dans quelque activité colonialiste criminelle a intérêt à préparer ses électeurs aux conséquences de sa politique.
Il y a tout juste une minute, j'ai entendu Tony Blair disant à la nation que « notre » détermination à défendre « nos valeurs » est plus forte que « leur » détermination à semer la mort et la destruction. Je m'interroge : à quelles valeurs fait-il allusion ?
Une chose est certaine : continuer à voler le pétrole des Arabes est une valeur cardinale, pour Blair.
Mais ce n'est pas mon cas. Tony Blair ­ un homme qui a lancé une guerre sans aval de l'ONU, un homme qui a du sang sur les mains ­ voudrait nous faire croire qu'il se soucie sincèrement de la pauvreté en Afrique et du changement climatique ?
Que cela nous plaise, ou non, nous devons bien admettre que la Terreur est un message, et nous ferions bien d'écouter ce message avec la plus grande attention.
Premièrement, ce message nous dit que nous sommes aussi vulnérable que n'importe qui ;
Deuxièmement, il nous dit que nous risquons d'être contraints à laisser les autres peuples vivre leur vie, conformément à leurs valeurs et à leurs croyances ;
Troisièmement, il nous dit que nous ne devons plus jamais accorder nos suffrages à des criminels de guerre.
Et, avant tout, ce message nous dit que nous avons un devoir moral. C'est à nous qu'il incombe d'arrêter nos gouvernants. Il est de notre devoir de nous redresser et d'exiger la démission de Blair, qui est responsable de la mort de si nombreux Irakiens, et vraisemblablement, désormais, de si nombreux Britanniques. Nous devons nous rappeler que le fait de voter en faveur d'un homme politique dépourvu d'éthique fait de nous tous des complices d'une bande de criminels.
Nous savons d'ores et déjà que tant en Amérique qu'en Israël, les conséquences du terrorisme ont amené l'opinion publique à endosser avec zèle des positions de droite.
J'espère que le peuple britannique aura la même réaction [digne et admirable] que le peuple espagnol.
Les fomenteurs de guerre et les agresseurs fiers de l'être doivent être éliminés de notre climat politique. Ce n'est qu'alors que la paix finira par s'imposer."


Un religieux d'Al Qaïda dénoncé comme agent double du MI 5 - Les Alliés disent que leurs avertissements ont été ignorés

par Daniel McGrory et Richard Ford, Times, Londres, 25 mars 2004. Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier
La révélation qu'un des épigones les plus dangereux de l'organisation Al Qaïda était en réalité un agent double travaillant pour le MI 5 a suscité des critiques de divers gouvernements européens, qui avaient appelé à plusieurs reprises à ce qu'il soit arrêté.
La Grande-Bretagne a ignoré des avertissements (qui avaient commencé avant les attentats du 11.09.01) provenant de cinq ou six gouvernements amis, au sujet des liens d'Abu Qatada avec des groupes terroristes : elle avait refusé de procéder à son arrestation. Les responsables (britanniques) du renseignement avaient caché à leurs alliés européens leur intention de se servir de ce prédicateur comme d'un informateur clé sur les menées des activistes islamistes au Royaume-Uni.
Abou Qatada s'était vanté, auprès du MI 5 d'être en mesure d'empêcher des attentats, et il lui avait proposé de dénoncer des extrémistes dangereux, alors que, depuis le début, il travaillait à créer un havre sûr pour sa propre organisation terroriste en Grande-Bretagne.
Parmi des dizaines de jeunes activistes venus lui rendre visite à Londres, on notera la principal suspect des attentats de Madrid. On trouve également parmi ses ouailles des gens prêts à se faire kamikazes pour Al Qaïda, comme Richard Reid, l'homme aux semelles explosives.
Un tribunal spécial ayant enquêté sur ses opérations en Grande-Bretagne l'a qualifié d' " individu extrêmement dangereux ". Un jugement de la Commission des appels en matière d'immigrations spéciales a indiqué, hier, qu'il existait des preuves établissant qu'Abou Qatada " est impliqué dans l'instigations d'actes de terrorisme international. "
Une source sécuritaire de Madrid a indiqué hier : " Qui sait combien de victimes et de sang versé auraient pu être évités si la Grande-Bretagne avait pris en compte les avertissements sur cet homme, et cela, depuis longtemps ? "
Le terrorisme étant le premier point à l'ordre du jour du sommet européen de Bruxelles, Tony Blair doit s'attendre à être questionné au sujet de l'histoire du MI 5 et Abou Qatada, ainsi que d'autres prédicateurs activistes utilisant la Grande-Bretagne comme base arrière.
L'Espagne, la France, l'Italie, l'Allemagne, les Etats-Unis et la Jordanie ont demandé à interroger Abou Qatada au sujet de ses liens avec Al Qaïda, mais cela leur a été refusé.
En lieu et place, des agents du MI 5 ont rencontré le prédicateur à trois reprises ; cela lui a permis de se vanter de son influence auprès de certains jeunes activistes islamistes, insistant sur le fait que la sécurité nationale britannique n'était nullement menacée.
Il a voulu rassurer le MI 5 en disant qu' " il ne mordrait pas une main qui l'a nourri ".
Il a également promis de " dénoncer quiconque porterait atteinte aux intérêts de ce pays ". En réalité, il recrutait des volontaires pour les camps d'entraînement d'Al Qaïda.
Son maintien en liberté, des années après les premières demandes d'arrestation internationales représentait une source d'embarras pour la Grande-Bretagne. Quand David Blunkett a présenté sa loi controversée ­ l'Anti-terrorism Crime and Security Act ­ en 2001, qui l'autorisait à détenir des suspects étrangers sans procès, Abou Qatada avait affirmé que cette loi " avait été adoptée par des gens qui pensaient à lui, en particulier. "
Il avait disparu de son foyer familial, dans l'Ouest de Londres, juste avant l'entrée en vigueur de cette loi.
Des responsables français indignés avaient accusé le MI 5 d'avoir aidé le prédicateur à s'éclipser. Alors qu'il était en fuite, un responsable des services de sécurité français, à Paris, aurait dit : " Les services britanniques disent qu'il n'ont aucune idée du lieu où il peut bien se trouver, mais nous savons où il est. Et si nous, nous le savons, je suis tout à fait certain qu'eux, ils le savent. "
Près d'un an plus tard, Abou Qatada fut retrouvé : il se cachait dans un appartement, à proximité du siège de Scotland Yard
Abou Qatada faisait appel de sa détention maintenue à la prison de haute sécurité de Belmarsh, mais le juge Collins a décidé que le prédicateur " était au centre des activités terroristes associées à Al Qaïda, au Royaume-Uni. "
Il s'agit d'un Jordanien, arrivé en Angleterre muni d'un faux passeport des Emirats Arabes Unis, en septembre 1993 ; il était demandeur d'asile.
La Jordanie avait fait savoir à la Grande-Bretagne qu'il avait été jugé coupable d'attentats terroristes à Amman, quelques mois avant le 11 septembre (2001).
Des enquêteurs espagnols ont fourni des preuves qu'un activiste qu'ils avaient en garde à vue à Madrid (Abou Dahdadh) avait rendu visite au prédicateur Abou Qatada à plus de vingt-cinq reprises, au cours desquelles il lui avait apporté de l'argent et présenté de nouvelles recrues.
Abou Qatada avait été banni par la plupart des mosquées modérées, c'est pourquoi il tenait ses réunions au Club des Quatre Plumes (Four Feathers Club), près de Baker Street, dans le centre de Londres. Ses avocats disent qu'il " rejette totalement " une quelconque implication dans le terrorisme.

Psychose de guerre à Londres


Les Londoniens ont vécu un nouveau jeudi noir et un vendredi tout aussi noir, avec un enchaînement d'événements obscurs : l'explosion de quatre bombes artisanales qui n'ont fait aucun mort, trois dans le métro et un à bord d'un bus, puis l'exécution par la police d'un suspect musulman et enfin la prise d'assaut par la police d'une mosquée où avait été déclenchée une alerte à la bombe. Il semble donc à première vue que la provocation du 7 juillet ait été suivie d'effets. N'ayant aucun moyen de démêler le vrai du faux et refusant de s'engager dans des délires paranoïaques, la rédaction de Quibla a décidé de créer une nouvelle rubrique d'actualité, dans laquelle les internautes trouveront des contributions permettant d'éclairer ces événements très très obscurs. À chacun de se faire sa propre opinion à partir des éléments fournis. Comme on dit, "Dieu y reconnaîtra les siens"...

 

Londres, 7 juillet 2005 :
Un "exercice" du gouvernement invisible ?

"La première victime de la guerre, c'est la vérité". Les attentats de Londres, tout comme le 11 septembre, les attentats de Madrid et les événements sanglants qui font le quotidien de l'Iraq, sont l'occasion d'une propagande fantastique. Pour démêler le vrai du faux, nous proposons aujourd'hui plusieurs documents intéressants.


- Interview de Peter Power sur ITV : "Ce matin-là, nous faisions un exercice selon le même scénario"...
- Les explosions de Londres, le réseau voyou, Bush et l'Iran, par Webster G. Tarpley
- Le nouveau super-héros du terrorisme islamique : Abou Moussab Al Zarqaoui, entre vérité et légende, par Vladimir Alexe, Ziua (Le Jour), Bucarest, 9 juillet 2005
- La Résistance irakienne et la France - une interview de Gilles Munier,

Le 15 janvier 1974, l'émetteur de Roc-Trédudon, près de Brest, était détruit en pleine nuit par une charge explosive. La Bretagne se retrouva privée de télévision pendant plusieurs semaines. L'attentat était immédiatement attribué à un groupe clandestin, l'Armée révolutionnaire bretonne. On apprendra de longues années plus tard que les poseurs de bombe étaient...l'armée française, qui avait simplement trop forcé sur la dose au cours d'un exercice. Trente ans plus tard, il suffit de consulter rapidement Google pour voir que le mensonge sur la responsabilité des indépendantistes bretons dans cet attentat continue à fleurir.
À Londres, le 7 juillet 2005, simultanément aux attentats, le même scénario se déroulait, sous forme "d'exercice". De quoi se poser des questions !

Le matin du 7 juillet 2005, au moment des attentats de Londres, la société spécialisée en gestion de crise Visor Consultants [http://www.visorconsultants.com/index.html] organisait un important exercice de simulation d'attentats terroristes, au même moment et au mêmes endroits que les véritables attentats, qui n'est pas sans rappeler les simulations qui ont permis aux auteurs des attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington de neutraliser les procédures de sécurité du contrôle aérien [http://www.reseauvoltaire.com/article15977.html].

Interview de Peter Power sur ITV, le 7 juillet 2005


Voici la transcription de l'intervention sur ITV, le jour des attentats, de Peter Power, manager en chef de Visor Consultants :

Power : A 9H30 ce matin nous étions en fait en plein exercice, pour une société qui compte plus de mille personnes à Londres, exercice basé sur des bombes synchronisées et explosant précisément dans les stations de métro où cela s'est produit ce matin, alors j'ai toujours la chair de poule actuellement.

ITV : Pour être plus clair, vous organisiez un exercice pour savoir comment gérer cela et c'est arrivé pendant que vous meniez cet exercice ?

Power : Précisément, c'était aux environs de 9H30 ce matin, nous avions planifié cela pour une société, et pour des raisons évidentes je ne veux pas communiquer leur nom, mais ils sont devant leur télé et ils le savent. Et nous avions une salle pleine de gestionnaires de crise qui se rencontraient pour la première fois et alors en cinq minutes nous avons pris une décision assez rapide que c'était pour de vrai et alors nous avons lancé les scénarii adéquats d'activation des procédures de gestion de crise de manière à passer de la réflexion lente à la réflexion rapide, ainsi de suite (...)."
Source : Réseau Voltaire

Webster G. Tarpley : " Les morts de Londres avaient pour but de délivrer un ultimatum en faveur d'une guerre avancée contre l'Iran " -
Webster G. Tarpley est un analyste US indépendant qui sŒattache depuis des années à décortiquer la stratégie et les tactiques de ce qu'il apelle le "gouvernement invisible", responsable selon lui du "Septembergate". Son analyse à chaud des attentats de Londres mérite d'être connue et largement diffusée.

Les explosions de Londres, le réseau voyou, Bush et l'Iran


par Webster G. Tarpley, http://www.serendipity.li/london/tarpley1.htm, 11 juillet 2005. Traduction revue et corrigée par la rédaction de Quibla.

Les explosions de la semaine dernière à Londres portent tous les traits d'une provocation de terreur commanditée par l'Etat organisée par des réseaux situés au sein des services de renseignement britanniques MI-5, MI-6, du ministre de l'Intérieur, et de la branche spéciale de la police métropolitaine, réseaux favorables à une guerre anglo-américaine plus vaste au Moyen-Orient, incluant notamment une prochaine attaque préventive contre l'Iran, avec une option possible contre la Corée du Nord.

Avec les attaques londoniennes, le gouvernement invisible anglo-américain ajoute un nouveau crime horrible à son casier. Pour le moment, son opération paraît imparfaite notamment à cause de l'absence de groupe bouc émissaire crédible, qui, par son appartenance ethnique, pourrait orienter la colère populaire contre une des cibles du gouvernement secret. Jusqu'à présent, toute imputation des crimes de Londres repose sur un message anonyme envoyé depuis un obscur forum de discussion en langue arabe hébergé dans le Maryland aux Etats-Unis. Et pourtant, en se basant sur ce morceau délabré de pseudo-preuve, le premier ministre Tony Blair ‹ qui a certainement entendu parler d'un groupe appelé l'Armée Republicaine Irlandaise, qui a bombardé Londres durant plus de dix ans ‹ n'a pas hésité à attribuer les meurtres à l' "Islam," et semble caresser l'idée d'une loi martiale totale sous le couvert de la Loi des Imprévus Civils. Ce qui nous rappelle comment il a mérité son surnom de Tony Bliar [Ble menteur].


Scotland Yard etait informé à l'avance


On ne peut plus raisonnablement douter que le gouvernement britannique ait su à l'avance que des explosions auraient lieu. Dans les heures qui ont suivi, la Radio de l'Armée Israélienne rapportait que « Scotland Yard [les quartiers généraux de la police police londonienne] avait reçu des avertissements des attaques peu de temps avant qu'elles ne surviennent. » Cette nouvelle, répétée par IsraelNN.com, ajoutait que « l'ambassade israélienne à Londres avait été notifiée à l'avance, permettant ainsi au ministre des Affaires Etrangères Binyamin Netanyahu de rester dans sa chambre d'hôtel plutôt que de se rendre à l'hôtel voisin du site de l'explosion, une station de train de Liverpool Street, où il devait participer à un sommet économique ». Cette nouvelle est attribuée à « des sources inconnues non dignes de confiance ». Au même moment environ, Associated Press diffusa un câble affirmant que « la police britannique a dit à l'ambassade israélienne de Londres, quelques minutes avant les explosions de jeudi, qu'elle avait reçu des avertissements sur des possibles attaques terroristes dans la ville » selon "un haut fonctionnaire israélien". Ce câble spécifiait que « juste avant les explosions, Scotland Yard avait appelé l'officier de la sécurité de l'ambassade israélienne pour dire qu'ils avaient reçu des avertissements sur de possibles attaques».

Selon les témoignages à Londres, la BBC attesta qu'entre 8h45 et quelques minutes après 10 heures du matin, les incidents du métro étaient le résultat d'une surtension ou d'une collision. De grand pontes étrangers, et sans doute pas seulement Netanyahu, furent prévenus, tandis que le peuple travailleur de Londres continuait de refluer dans les souterrains. Ces nouvelles furent déniées, répudiées, arrangées, et expurgées des sites d'information par la police de la pensée orwellienne, mais elles ont été archivées par des analystes qui ont appris suite au 11/9 et à d'autres occasions que les preuves clefs de crimes terroristes sponsorisés par l'Etat ont tendance à filtrer durant les premières minutes ou les premières heures, au moment critique où les medias contrôlés assimilent l'histoire servant de couverture colportée par les taupes complices infiltrées dans les ministères. Ces nouvelles n'incriminent pas du tout Israël, mais sont dévastatrices pour les organes de sécurité intérieure britanniques. Une version alternative colportée par Stratfor.com, à savoir que les Israéliens auraient averti Scotland Yard, est très probablement fausse mais ne laisse néanmoins pas les autorités britanniques indemnes. Quel est ce responsable de Scotland Yard qui a effectué les appels ? Identifiez ce responsable et vous avez débusqué vivant un réseau de taupes voyoues.

Un autre élément plus général de prescience peut être décelé dans le fait rapporté par Isikoff et Hosenball dans Newsweek, selon lequel depuis novembre 2004, le FBI, et pas d'autre agence américaine, a refusé d'utiliser le métro londonien.

Des opérations de ce genre sont généralement conduites via les bureaucraties gouvernementales sous le couvert d'un exercice qui ressemble à l'opération terroriste elle-même. Ce fut le cas avec Amalgam Virgo et les multiples exercices qui se sont tenus le 11/9, comme je le montre dans « 9/11 Synthetic Terror ‹ Made in USA » (Joshua Tree CA: Progressive Press, 2005). Ce fut le cas avec la tentative d'assassinat contre Ronald Reagan par Hinckley, un exercice de succession présidentiel ayant été programmé pour le lendemain, comme je l'ai montré dans « George Bush: The Unauthorized Biography » [la biographie non autorisée] (1992; reprint by Progressive Press, 2004). Une manoeuvre étrange similaire permet au travail d'être fait sur des ordinateurs officiels, de manière concomitante, tout en écartant les regards inquisiteurs et les questions des collègues curieux qui travaillent sur les consoles voisines.


L'exercice anti-terreur servant de couverture


Dans le cas de Londres, un exercice parallèle de ce type a effectivement eu lieu. Le soir du 7 juillet, la chaîne BBC Five, dans une émission radiophonique de news et de sports, diffusa une interview d'un ancien responsable de Scotland Yard appelé Peter Power qui assura que son entreprise, Visor Consulting, était en train de mener un exercice anti-bombes terroristes précisément dans les stations de métro et au moment précis où les vraies explosions ont eut lieu. Peter Power et Visor étaient des sous-traitants pour cette alerte ; Power refusa de nommer les donneurs d'ordre. On ne s'étonne pas, dès lors, de voir Blair sortir de ses habitudes lors d'un premier rapport officiel à la chambre des Communes le 11 juillet, pour rejeter une commission d'enquête destinée à examiner ces événements tragiques.

Tony Blair peut bien voir pour le pauvre diable discrédité qu'il est, les avantages d'un règne d'exception, mais le peuple britannique peut avoir une vision différente. L'alternative est claire : d'un côté se trouve la réaction méricaine au 11/9, marquée par une crédulité soumise extrême vis-à-vis de la fantastique histoire officielle. De l'autre, la réaction militante et intelligente des Espagnolss après le 11 mars 2004, marquée par une mobilisation de masse puissante et une colère juste envers les politiciens qui ont cherché à manipuler le peuple et à vendre un récit déformé des événements. Quelle voie choisira la peuple britannique ? Des indications sur l'opinion publique suggèrent que la réaction britannique sera plus proche de celle des Espagnols, bien que plus lentement du fait du manque d'organisation de masses et de facteurs associés à cela. Si c'est le cas, Tony Blair, Jack Straw, et le reste de ces crypto-thatchéristes malodorants du "New Labor" seront éjectés par la fenêtre (out the window).

Ma thèse est que les explosions de Londres sont une forme de communication entre une partie d'une faction financière anglo-américaine et Bush, Blair, et les chefs d'Etat et de gouvernment réunis à Gleneagles, en Ecosse pour le G-8 le jour des attentats. Les morts de Londres avaient pour but de délivrer un ultimatum en faveur d'une guerre avancée contre l'Iran. A ce stade, quelques mots de clarification peuvent être nécessaires. La diabolisation de Bush par ses nombreux adversaires, bien que compréhensible, risque de brouiller les réalités de base du pouvoir aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Depuis la Baie des Cochons et l'assassinat de Kennedy (pour ne pas aller plus loin en arrière), nous avons conscience qu'il existe une équipe secrète. Durant l'épisode de l'Iran-Contra, le même phénomène était désigné comme un un gouvernement invisible, secret ou parallèle. Celui-ci est toujours à l'origine du terrorisme à grande échelle. Ces questions se posent pour certains : est-ce Bush et Cheney qui disent au gouvernement invisible quoi faire, ou est-ce le gouvernement invisible qui traite les tenants du pouvoir exécutif comme des pantins et des produits jetables ? Poser la question est y répondre : Bush, Cheney & Co. sont des poupées jetables. L'explication n'est pas Bush MIHOP [Made It Happen On Purpose ­ A Effectué La Chose Volontairement], comme certains semblent l'avancer, mais plutôt le gouvernement invisible MIHOP, une affirmation radicalement plus lugubre.

Comment la faction invisible s'y prend-elle pour communiquer avec les porte-paroles publics? Etant donné la violence des relations de pouvoir en jeu, on peut être sûr que cela ne prendra pas la forme d'un carton d'inivitation gravé annonçant l'honneur qui est fait à Bush de se présenter pour lancer une attaque contre l'Iran. Au contraire, le réseau voyou, violent et invisible communique avec Bush, Blair et les autres par des moyens correspondant à sa nature agressive ‹ comme il l'a fait avec le 11/9. Bien entendu, dans sa Maison Blanche, Bush est un pensionnaire faible et passif dont l'instinct est de ne faire rien d'autre que de vaquer à ses occupations quotidiennes.

Nous devons donc noter que les explosions de Londres viennent deux mois après diverses tentatives du gouvernement invisible de pousser Bush. Le 11 mai, un petit avion avait presque atteint la Maison Blanche avant de s'en aller, tandis que le Congrès, la Cour Suprême, et la Maison Blanche (mais pas le Pentagone, le Trésor, etc.) étaient évacués au milieu de scènes de panique. La Maison Blanche déclencha l'alerte rouge, mais Bush ne fut informé qu'après coup, car il pédalait sur son vélo dans les bois près de Greenbelt, dans le Maryland. Des feux de détresse étaient lancés au-dessus du district de Brookland et du parc de Takoma, Maryland. La ressemblance de tout ceci avec un scénario de coup d'État était évidente. Le 18 mai, une grenade à main qui se révéla être un leurre, atterrit près de Bush lors d'un rassemblement à Tbilissi en Géorgie.

Le 29 juin, un autre petit avion approcha et entraîna l'évacuation du Congrès et du Capitole, à nouveau au milieu de scènes de panique. L'après-midi du 2 juillet, pas moins de trois petits avions approchèrent de la retraite de Camp David de Bush dans les montagnes de Catoctin dans le Maryland ; cette histoire fut étrangement reléguée aux pages locales du Washington Post. Les détails de ces incidents sont de peu d'intérêt ; ce qui compte est la réalité objective d'une telle succession d'événements. Ces incidents fournissent aussi une explication à la conduite déséquilibrée de Bush le 5 juillet à Gleneagles, lorsqu'il fonça dans un policier en pédalant sur son vélo. Puis vinrent les explosions du 7 juillet.

Qu'est-ce que le gouvernement invisible souhaite que Bush et Blair fassent ? Scott Ritter annonça en juin dernier que Bush avait diffusé un ordre pour se préparer à attaquer l'Iran au mois de juin. Selon un analyste bien informé de la CIA à la retraite, à qui j'ai parlé le 3 juillet, cet ordre disait en fait aux commandants US d'être prêts à attaquer l'Iran à la fin du mois de Juin. Ce projet de guerre avec l'Iran est cohérent avec tout ce que nous savons des intentions de la faction voyoue USA-RU, et fournit donc une explication immédiate aux explosions de Londres. L'administration Bush et le cabinet de Blair ont failli à lancer une action militaire décisive, et le gouvernement invisible devient excessivement impatient.

Une façon d'accroître la pression sur l'Iran serait d'impliquer un groupe de pigeons fanatiques iraniens dans les bombes de Londres. Cela ne serait pas difficile ; en fait, comme je le montre dans « 9/11 Synthetic Terror », la capitale britannique qualifiée dans les années 90 de Londonistan, abrite la plus grande concentration au monde de groupes arabes et islamiques à piéger, notamment dans des endroits aussi connus que les environ des mosquées de Finsbury et de Brixton ; ces groupes sont connus pour avoir joui de privilèges de recrutement de choix dans les prisons de Sa Majesté. Mais peut-être qu'un groupe iranien ainsi piégé serait trop évident en ce moment. Il serait plus probable de faire couler un navire de guerre US dans le Golfe par un pays tiers, pour attribuer la chose à l'Iran.

Dans un récent discours, le docteur Ephraim Asculai de l'université de Tel Aviv University a souligné deux choses : d'abord, que la solution militaire à la question du nucléaire iranien n'existe pas, et deuxièmement, qu'il n'y a pas de point de non retour dans le développement des armes nucléaires. Le Dr. Asculai a montré que l'Afrique du Sud, la Suède et d'autres nations avaient renoncé à déployer des bombes A bien après avoir acquis la capacité à les produire. Le Dr. Asculai va évidemment à l'encontre de tendances largement répandues dans les cercles stratégiques américano-britano-israéliens qui attisent l'hystérie sur la notion que l'Iran approche en réalité en ce moment du point de non retour.

De son côté, Mme Rice du Département d'Etat a maintenant déclaré qu'il ne suffit plus désormais à l'Iran de renoncer à son programme de production d'armes nucléaires; selon elle, il faudra aussi démanteler tout le programme iranien de production d'énergie nucléaire. Un tel maximalisme rend toute solution négociée impossible tant que le pouvoir à Washington est tenu par le même groupe.


OCS : USA, allez-vous en d'Asie centrale !


Les USA, Le RU et Israël sont au bord de la guerre avec l'Iran depuis au moins un an, et le réseau voyou est conscient que le temps presse. Un développement nouveau et important menace la possibilité des Anglo-américains de mener la guerre. Le 5 juillet, le sommet de l'Organisation de Coopération de Shanghai (OCS), qui réunit la Chine, la Russie, l'Ouzbékistan, le Kirghizistan, le Kazakhstan, et le Tadjikistan et récemment aussi l'Inde, le Pakistan et l'Iran, a lancé un appel aux USA d'évacuer leurs bases installées à l'automne 2001 sous le prétexte de l'urgence du 11/9 et de l'invasion imminente de l'Afghanistan. Les signataires de cet appel représentent environ la moitié de la population du monde. Cette demande fut immédiatement rejetée par le Département d'Etat, mais le vieil expert russe de l'Eurasie, Ievgueni Primakov, célébra le fait qu'une telle proposition en faveur du départ des USA de la région était formulée pour la première fois. La présence US remonte au moment des discussions d'urgence entre Bush et Poutine le 11 septembre 2001, lorsque Poutine, voyant que les fous avaient pris le contrôle de Washington, abandonna ses objections à l'intrusion US dans les anciennes républiques soviétiques d'Asie Centrale. Les USA et le Royaume-Uni peuvent attaquer l'Iran depuis l'Irak à l'Ouest, depuis l'Afghanistan à l'Est, et depuis le Qatar au Sud, mais sans les bases ouzbèkes et kirghizes, la capacité anglo-Américaine d'attaquer depuis le Nord serait extrêmement limitée. Les Etats de l'OCS craignent aussi les « révolutions colorées » soutenues par les USA suivant les récents modèles géorgien et ukrainien, dites par la CIA révolutions du pouvoir au peuple, qui sont utilisées pour déstabiliser leurs gouvernements. Les choses deviennent pires pour Washington et Londres en ce que le Kazakhstan est sur le point d'ouvrir dans quelques mois un pipeline vers la Chine, ce qui diminuerait la capacité des USA et du RU d'utiliser leur présence dans le Golfe pour faire du chantage envers Pékin. Washington et Londres sont aussi consternées par les ouvertures variées vers l'Iran de leurs pantins chiites de Bagdad.

Et que penser de ce qui est rapporté dans le Washington Post du 11 juillet : les décideurs des USA et du RU envisagent une réduction drastique des forces US en Irak ? L'explication la plus probable est qu'il s'agit d'une pure désinformation, à l'instar des nouvelles diffusées à la fois par Hitler et Staline en mai et juin 1941. On peut noter que le plan britannique vise explicitement à transférer la plupart des forces basées à Bassorah vers l'Afghanistan, où elles seraient positionnées pour de futures opérations contre l'Iran, ou vers l'Asie centrale.

De manière générale, le gouvernement invisible apparaît consterné par l'absence d'élan et la constante érosion en terme de position politique de son instrument, Bush. En juin, 110 000 travailleurs d'usine US ont perdu leur emploi, le pire chiffre en un an et demi : l'automobile et le textile s'effondrent. La bulle immobilière pourrait aussi approcher de sa fin, avec à venir la banqueroute de Fannie Mae. (...)
Lors de sa tournée dans huit villes européennes, « Reopen 9/11 », Jimmy Walter ne cessait de prédire que la mauvaise passe subie par l'administration Bush et les milieux financiers US conduira à une autre attaque de terreur de masse avant la fin de 2005 ; cela vient de se produire, et on n'en voit pas la fin. La majorité de l'opinion publique US s'est maintenant définitivement retournée contre la guerre en Irak et jusqu'à un certain point contre Bush, comme le montrent tous les sondages. Le plus notable est le pourcentage de 42% de oui en réponse à la question de Zogby International : "S'il pouvait être prouvé que Bush a menti pour lancer la guerre en Iraq, doit-il être désavoué [impeached] ?" Larry Franklin de l'appareil néo-conservateur Wolfowitz-Feith a été mis en examen pour avoir divulgué des secrets US, et l'American-Israeli Public Affairs Council a été perquisitionné deux fois ; des mises en examen supplémentaires sont attendues. Karl Rove est maintenant reconnu comme étant la source de la fuite sur Valerie Plame, ce qui rend Rove et peut-être d'autres fonctionnaires de la Maison Blanche mûrs pour une accusation fédérale. Les fabrications sur l'uranium du Niger et les affaires de secrets d'Etats et de Chalabi sont toujours en cours‹ pour ne rien dire des deux élections volées et du Septembergate lui-même. Tous ces facteurs inclinent le réseau voyou à tenter d'améliorer sa situation en se précipitant vers une vaste guerre contre l'Iran. Ceux qui ont le plus à perdre dans cette aventure iranienne doivent maintenant se mobiliser pour rendre le second mandat de Bush aussi riche en événements que l'a été le second mandat de Nixon en 1974.
© Copyright Webster G. Tarpley, Serendepity, 2005

 

14/07/05 - La police dit avoir identifié les auteurs des attentats de Londres


Après avoir établi que les auteurs des attentats de Londres étaient des kamikazes, la police britannique cherchait mercredi à savoir qui a dirigé et organisé l'opération, première attaque suicide commise en Europe occidentale.
Les quatre suspects des attentats de Londres, revendiqués par deux groupes se réclamant d'Al-Qaïda, sont des hommes âgés entre 19 et 30 ans, sans casier judiciaire. Trois viennent du West Yorkshire, dans le nord de l'Angleterre, le quatrième pourrait venir de Luton, au nord de Londres, où vit une importante communauté musulmane.
L'un des kamikazes s'appelait Shehzad Tanweer, 22 ans, et habitait Beeston, près de Leeds, dans le West Yorkshire. La police a trouvé des éléments matériels "solides" associant Shehzad Tanweer à l'explosion d'une rame de métro près d'Aldgate. Sa résidence a été perquisitionnée mardi par la police, comme cinq autres habitations dans le West Yorkshire. La police a trouvé des explosifs au cours de ces perquisitions. Shehzad Tanweer aurait voyagé dans les six derniers mois en Afghanistan et au Pakistan, ont indiqué ses amis à la chaîne de télévision ITV.
Ces déplacements pourraient laisser penser qu'il y a été entraîné dans des camps d'Al-Qaïda. Un permis de conduire et une carte de crédit d'un autre kamikaze, Hasib Mir Hussain, originiaire de Leeds, âgé de 19 ans, ont été retrouvés dans l'épave du bus numéro trente, qui a explosé à Tavistosk Square, faisant treize morts. Il vivait avec ses parents à Holbeck, dans la banlieue de Leeds. Il avait dit à ses parents qu'il se rendait à Londres avec des amis, le jour des attentats. Sa mère a rapporté sa disparition à la police le jour même, craignant qu'il ait été victime des attentats.
Les deux autres suspects s'appellent Eliaz Fiaz et Mohammed Sadique Khan, tous deux âgés de 30 ans, selon l'Independent et le Daily Mail. Des documents appartenant au troisième suspect, habitant Dewsbury, dans le West Yorkshire, ont été trouvés dans les débris de l'explosion à Edgware Road. La police a arrêté dans le West Yorkshire un parent d'un des suspects, qui devait être interrogé mercredi à Londres. Le quatrième suspect semble avoir vécu dans la région de Luton. Selon la police, les quatre hommes sont arrivés en train à Londres jeudi matin, après s'être auparavant retrouvés à la gare de Luton.
Deux véhicules, dont l'un contenait des explosifs, ont été saisis à Luton. Les quatre hommes auraient ensuite pris un train pour la gare de King's Cross, carrefour important des transports de Londres. Des images des caméras de surveillance de King's Cross ont montré ces quatre hommes en train de parler ensemble, portant des sacs à dos de type militaire, juste avant 08h30 locales. Ils se sont ensuite séparés, et trois d'entre eux ont fait exploser leur bombe simultanément à 08h50 locales. La quatrième bombe dans le bus a explosé une heure plus tard.
Source : AFP, 13 juillet 2005

Le Royaume-Uni est touché, à son tour, par la culture du martyre


par Piotr Smolar, le Monde, 14 juillet 2005
La Grande-Bretagne vient sans doute de rejoindre la liste des pays victimes d'attentats de type kamikaze, sur laquelle figurent notamment les Etats-Unis, Israël ou la Russie. L'emploi d'un tel mode opératoire dans un pays européen était redouté par les spécialistes de l'antiterrorisme depuis des mois. "Il est logique que l'Europe soit aussi touchée, souligne Olivier Roy, chercheur à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (Ehess). Là, ce qui est frappant c'est l'origine pakistanaise des individus. Ils ne se rattachent pas au Moyen-Orient, mais s'inscrivent dans une vision internationaliste du djihad."
Le développement de la culture du martyre en Irak a sans doute eu également un effet de mimétisme. "On a constaté que certains individus, vivant au sein des sociétés européennes ou venant de l'extérieur, ont la volonté de frapper par des attentats-suicides , souligne un haut responsable français du renseignement. Ce mode d'action pose d'énormes problèmes aux policiers. Il permet de prendre beaucoup plus de risques dans la cible choisie et démontre une motivation sans limite. Vous créez ainsi chez vos adversaires un sentiment d'angoisse."
Au cours des années récentes, plusieurs Britanniques ont décidé de se transformer en kamikazes. Le plus célèbre est Richard Reid. Agé de 31 ans, il avait tenté de déclencher un engin explosif artisanal, dissimulé dans ses chaussures, à bord d'un vol d'American Airlines reliant Paris à Miami, le 23 décembre 2001. Maîtrisé par d'autres passagers, il n'avait pu passer à l'acte.


AIDE LOGISTIQUE

Originaire du sud-est de l'Angleterre, dans le Kent, Richard Reid n'avait jamais été remarqué par les services de police britanniques. Cet ancien délinquant a bénéficié d'aide logistique au sein du milieu islamiste pakistanais en région parisienne. Le 16 juin, le tribunal correctionnel de Paris a condamné à des peines de trois et cinq ans d'emprisonnement ferme le Pakistanais Ghulam Rama et les Français Hassan El-Cheguer et Hakim Mokhfi, pour lui avoir porté assistance.
Autre cas ayant suscité l'inquiétude de la police britannique, celui de deux ressortissants impliqués dans un attentat en Israël. Le 30 avril 2003, Assif Hanif s'est fait exploser à l'entrée du Mike's Place, un bar de Tel-Aviv, faisant trois tués et des dizaines de blessés. Son complice, également britannique, n'avait pu déclencher sa charge explosive.
Mais la Grande-Bretagne n'est pas le seul pays concerné. En Espagne, un projet d'attentat-suicide à bord d'un camion rempli d'explosifs lancé contre l'Audiencia nacional - le tribunal de Madrid compétent en matière de terrorisme - a été déjoué, selon des sources judiciaires espagnoles.
En France, l'enquête sur les "filières irakiennes" a permis aux services antiterroristes de découvrir que de jeunes gens d'origine maghrébine s'étaient convertis à très grande vitesse, en l'espace de quelques mois, à l'islam radical. Au nom de leur vision manichéenne du monde, certains sont partis combattre les Américains en Irak, y compris en se transformant en kamikazes. Les policiers français estiment qu'ils seraient entre 3 et 5, à l'instar de Abdelhalim Badjoudj. Né en 1985 en Seine-Saint-Denis, il s'est fait exploser à bord d'une voiture piégée près de Fallouja, le 27 octobre 2004. Autre cas : celui d'Idris Bazis, un Franco-Algérien de 41 ans, mort en février. Il vivait à Manchester, en Grande-Bretagne.

12/07/05 - Perquisition de cinq domiciles dans le nord de l'Angleterre
La police britannique a perquisitionné cinq maisons dans le nord de l'Angleterre dans le cadre de l'enquête sur les attentats à la bombe de jeudi dernier dans les transports londoniens, qui ont fait au moins 52 morts.
Un porte-parole de la police londonienne a déclaré que des agents avaient fouillé quatre propriétés dans le Yorkshire Ouest et qu'ils en examinaient une cinquième.
La police n'a procédé à aucune arrestation.
Source : Reuters, 12 juillet 2005

Vendredi 8 juillet 2005

Terreur à Londres : Bush se moque du Monde

Selon la Police, 4 explosions ont touché les transports en commun londoniens jeudi matin.
Trois engins de moin de 5 kg ont explosés entre les stations de métro Aldgate East, Edgware Road, King's Cross, Liverpool Street, Russell Square et Moorgate. Une bombe autre bombe a explosée dans un autobus bondé à Tavistock.
La piste d’El-Qaïda a évidement été immédiatement privilégiée. Vont ils retrouver une nouvelle foi le passeport de Mohamed Ata dans les débris ?
La police estime à 50 le nombre de morts et 700 blessés. La plus part des victimes n'auraient toujours pas été identifiées.

Evidement, après un tel acte barbare tous les acteurs du cirque médiatique mondial ont envoyé leurs communiqués de réprobation, de condamnation ou de compassion. La palme de l’hypocrisie et du cynisme allant comme d’habitude à Georges Bush qui a lâché devant les caméras dans les coulisses du G8 :"La guerre contre le terrorisme continue, d'un côté, nous avons des gens ici qui travaillent à réduire la pauvreté, débarrasser le monde de l'épidémie de sida, et protéger l'environnement et, de l'autre vous avez des gens qui tuent des innocents".

Personne ne pleurait hier sur les 300 000 victimes civiles iraquiennes, ni sur les 300 000 victimes civiles tchétchènes. L' Afghanistan, ravagé par les invasions successives des 2 superpuissances mondiales, n'a été qu'à peine évoqué.

Ce qu’ont vécue les Anglais hier, les Iraquiens le vivent chaque jour. Depuis que Bush est entré en croisade.


28/01/05 - Quand la Fédération anglaise de football oublie les joueurs noirs
La Fédération anglaise (FA) s'est excusée jeudi qu'un DVD censé évoquer les plus grands footballeurs anglais de l'après-guerre ait omis de mentionner le moindre joueur noir. Alors qu'une première liste de noms communiqués incluait plusieurs joueurs de couleur, aucun d'entre eux ne figure dans la version finale de 30 minutes. Ni Rio Ferdinand, Sol Campbell, Paul Ince, John Barnes, Ashley Cole ou Viv Anderson ne sont ainsi mentionnés dans ce DVD. La FA a reconnu qu'une erreur avait été commise. "Nous nous excusons pour cette regrettable omission qui n'aurait pas dû arriver, a déclaré Adrian Bevington, le directeur de la communication de la FA. Il y a eu de nombreux remarquables joueurs noirs depuis les débuts de Viv Anderson en 1978 et cela aurait dû être souligné dans le DVD". Ce DVD, intitulé "La fierté de la nation", est destiné à être offert aux nouveaux membres du club des supporteurs de la sélection anglaise. Sven-Goran Eriksson, l'entraîneur de l'Angleterre, introduit une rétrospective sur les principaux joueurs à avoir porté le maillot anglais ces 40 dernières années. "Nous pouvons comprendre les inquiétudes qui ont surgi car les joueurs noirs ont eu une contribution immense au jeu en Angleterre, mais les excuses de la FA montre qu'elle a réalisé avoir commis un faux pas", a réagi Piara Powar, le porte-parole de la campagne anti-raciste "Kick it out". La FA avait été très véhémente à condamner le comportement raciste de certains supporteurs espagnols lors des matches amicaux Espagne-Angleterre Espoirs et A, les 16 et 17 novembre dernier, pour lequel la Fédération espagnole avait reçu une amende de 100.000 francs suisses (65.000 euros) par la Fédération internationale (FIFA). Source : AFP, 27 janvier 2005

22/01/05 - Le prénom Mohamed de plus en plus populaire
Le prénom Mohamed (dans sa version anglaise "Muhammad") est entré en 2004 dans la liste des 20 prénoms les plus attirbués aux nouveaux-nés en Grande-Bretagne. Il rejoint ainsi les grands favoris "Jack" et "Joshua". Cela est du à un facteur démographique : 40% des 1,6 million de musulmans du pays ont moins de 25 ans et constituent donc des familles et ont des enfants.
Source : Reuters, 6 janvier 2005

 

18/01/05 - Le Prince Harry déguisé en nazi dans "les tribus africaines au temps des colonies"
par Léonard, 17 janvier 2005 Mesdames et Messieurs les faiseurs d'Opinion, L'histoire du Prince Harry déguisé en Nazi a fait le tour du monde . Cela a été justement traité comme une offense à la mémoire des victimes du nazisme . Et tout tournait autour des victimes du IIIe Reich . Mais pourquoi les médias n'ont ils pas insisté suffisamment sur le thème de la soirée en question. Comme l'indique l'article ci-joint du Monde, Le thème de la soirée n'était pas le IIIe Reich, mais "les tribus africaines au temps des colonies". Alors pourquoi n'a-t-on pas relevé cette réalité ? Le choix de ce déguisement à cette soirée montre bien que l'idéologie du nazisme n'a pas sévi uniquement en Europe Et les victimes étaient aussi les Noirs en Afrique. Cela ne semble choquer personne! Pourquoi cette discrimination à l'égard de certaines victimes ? Qui se rappelle de toutes ces colonies allemandes qui ont été "confisquées" par les "libérateurs colonisateurs" ? Mais mon D., qui peut me dire ce qu'il y avait comme autres déguisements choquants à cette soirée et qui n'ont pas choqué les médias ? C'est choquant et inquiétant . Surtout en ce moment où certains hommes politiques très en vogue se permettent de proposer le contrôle des flux migratoires par le "QUOTA ETHNIQUE" Et cela sans réaction indignée des médias ! L'avenir s'habille de couleurs sombres ! Que D. nous protège !

Le prince Harry se déguise en nazi lors d'une soirée costumée

Le quotidien "The Sun" publie une photo qui fait scandale au Royaume-Uni Depuis deux ans, le jeune Windsor ne quitte plus la "une" des tabloïds Nouveau scandale dans la famille royale : le quotidien tabloïd The Sun, dans son édition du 13 janvier, publie en première page un cliché montrant le prince Harry, fils du prince Charles et de la défunte princesse Diana, revêtu d'un uniforme nazi Sur la photo, publiée sous le titre "Harry le nazi", on distingue le troisième en ligne de succession au trône habillé d'une veste kaki arborant sur la manche un svastika De surcroît, à écouter le plus gros tirage de la presse quotidienne